Kant "qu'est ce que les lumières"

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  • Publié le : 27 avril 2010
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INTRODUCTION

Ce texte est extrait d’un opuscule d’une dizaine de pages intitulé « Was ist Aufklärung ? » (= Qu’est-ce que les Lumières ?), écrit par Kant en 1784.
A cette date, nous ne sommes pas encore à l’âge des Lumières, mais seulement dans une époque d’accession aux Lumières. Les penseurs de cette époque, dont Kant fait partie, ont marqué leur domaine du savoir et de l’art par leursquestions et leurs critiques fondées sur la « raison éclairée » de l’être humain et sur l’idée de liberté. Les valeurs essentielles qu’ils ont défendues lors de débats publics, ouverts et contradictoires sont la tolérance, la liberté, l’égalité et l’humanité.

Kant est un des grands penseurs des Lumières. Il est allemand et procède à l’examen de la raison humaine, et notamment du rapport entre laraison et l’éthique morale, par une approche didactique (soucieuse d’enseignement) et une vulgarisation (se mettre à la portée de tous).

Dans son texte argumentatif, Kant utilise une démarche claire et méthodique.
Dans une 1ère partie, il définit les lumières, puis cherche les causes de la minorité : paresse et lâcheté. Nous commenterons sa thèse selon laquelle peu d’hommes sont capables dedevenir majeures et préfèrent par paresse ou lâcheté rester dépendant.
Dans une deuxième partie, nous tenterons d’analyser les obstacles qui ne favorisent pas le recours à la raison de chaque individu.
Enfin, nous essaierons d’ouvrir le débat sur l’introduction à la philosophie proposée par l’auteur.

DEVELOPPEMENT

1ere partie
Selon Kant, les Lumières « C’est la sortie de l’homme hors del’état de tutelle dont il est lui-même responsable ». Les hommes sont eux-mêmes responsables de leur assujettissement.
L’auteur affirme par l’usage de possessif « son », « ton » que chaque homme dispose d’un entendement. C’est un constat partagé avec Descartes, à savoir que tous les hommes ont à disposition la même raison.
L’utilisation du vocabulaire de l’absence « incapacité », « manque », indiqueentre autre que l’homme n’use pas de sa capacité à raisonner. Cette responsabilité est renforcée par la formule insistante « il » + « lui-même », qui souligne et désigne le coupable. Les mineurs sont donc responsables. Ils sont même majoritairement responsables de la situation de soumission dans laquelle ils se trouvent puisque c’est à eux de se servir de leur propre entendement pour se libérer dujoug des tuteurs

Kant entend par minorité l’incapacité de l’homme à raisonner par lui-même. L’homme qui reste dans sa minorité est l’homme qui se complaît à se soumettre aux décisions, choix et opinions d’autorités qu’il considère comme supérieures, c’est l’homme qui se facilite l’existence en ne prenant pas la peine de réfléchir aux choses puisque l’on réfléchit à sa place. C’est par paresse etlâcheté si les hommes tolèrent que l’on décide pour eux, pensant que cela les préservera de toute inquiétude.
La minorité apparaît dans l’opposition des mots « homme » et « autrui ». Les termes « direction d’autrui » nous renvoie au rapport de dépendance.

Kant réfute la cause selon laquelle la nature serait un obstacle à l’entendement. Le lecteur ne peut se réfugier derrière des prétextes. Laliberté n’est donc pas à conquérir contre un ennemi extérieur, mais contre soi-même.

2ème partie
Kant a mis en évidence le fait que les mineurs étaient coupables. Cependant, il énonce clairement que les tuteurs sont condamnables dans la mesure où ils profitent de la soumission des mineurs dans le but de leur imposer leurs choix, opinions et décisions. La soumission apparaît dans les termes« à ma place », « tient lieu », « pour moi ». C’est en faisant croire à la difficulté qu’engendre l’utilisation de l’entendement que les tuteurs gardent une emprise sur ces hommes dont « la minorité est presque devenue une nature ».
L’auteur oppose 2 minorités : la minorité naturelle, liée à l’âge (père/tuteur) et la minorité éternelle contre nature (vie durant/depuis longtemps). L’usage de...