Kant

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  • Publié le : 27 octobre 2010
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COMMENTAIRE DE TEXTE

« Tout homme a une conscience et se trouve observé, menacé, de manière générale tenu en respect (respect lié à la crainte) par un juge intérieur et cette puissance qui veille en lui sur les lois n’est pas quelque chose de forgé (arbitrairement) par lui-même, mais elle est inhérente à son être. Elle le suit comme son ombre quand il pense lui échapper. Il peut sans doute pardes plaisirs ou de distractions s’étourdir ou s’endormir, mais il ne saurait parfois éviter de revenir à soi ou de se réveiller, dès lors qu’il en perçoit la voix terrible. Il est bien possible à l’homme de tomber dans la plus extrême abjection1 où il ne se soucie plus de cette voix, mais il ne peut jamais éviter de l’entendre. » (E. KANT)

1.Abjection : bassesse morale

- Questions -

1.Dégagez l’idée principale du texte et les étapes de son argumentation.

2. Expliquez :
a.« cette puissance qui veille en lui sur les lois n’est pas quelque chose de forgé (arbitrairement) par lui-même » ;
b.« Il peut sans doute par des plaisirs ou des distractions s’étourdir ou s’endormir, mais il ne saurait éviter parfois de revenir à soi ou de se réveiller ».

3. Discussion – Est-ilpossible de s’affranchir de toute conscience morale ?

Question 1

Kant nous parle ici de la dimension morale de l’homme (thème du texte). Sa thèse, qui apparaît dans la première phrase du texte, est la suivante : un caractère essentiel de l’homme est d’être conscient ; et ce fait implique nécessairement qu’il a une dimension morale, c’est-à-dire la capacité de juger en termes de bien et de malchacun de ses actes comme ceux d’autrui. Et Kant de rajouter, cœur de son propos, que l’homme ne peut pas échapper à cette dimension morale : il ne peut pas ne pas se juger et juger les autres en termes de bien et de mal – c’est d’ailleurs cette réalité que l’on désigne au moyen de l’expression « conscience morale ». On peut donc dire que Kant soutient l’idée que l’homme ne peut pas s’affranchir de saconscience morale : il possède cette dimension morale du fait même qu’il est conscient, c’est-à-dire capable de se mettre à distance de lui-même et de se juger (capacité qu’il suppose présente en chaque homme – raison pour laquelle il se permet de les juger également).
Dans la suite de son texte, Kant développe son argumentation. Il nous demande de nous rapporter à l’expérience que nous pouvonsfaire de notre dimension morale – parce que cette expérience, reposant sur le simple fait que nous sommes des êtres conscients, est universelle. Nous faisons tous l’expérience de notre caractère moral, ce dont témoignent quelques sentiments universels comme le remord, la culpabilité ou la mauvaise conscience. Tous ces sentiments se fondent bien évidemment sur le fait que nous savons que noussommes responsables de nos actes (libre d’agir comme nous l’entendons) et que nous savons immédiatement s’ils sont bons ou mauvais (respectueux ou irrespectueux de la personne humaine).
C’est donc à cette expérience que Kant nous renvoie. En quelque sorte, il nous dit : réfléchissez sur votre propre vie et voyez comme ce que je dis est vrai, à savoir que, tous, nous avons cette capacité de nous jugermoralement – nous ne pouvons pas échapper à cette sorte d’auto-jugement ; nous ne cessons pas de nous juger et nous sommes même tellement impitoyables avec nous-mêmes que, parfois, nous cherchons à fuir le jugement que nous portons sur nos pensées ou sur nos actes.

Question 2

2a. La puissance dont parle ici Kant est bien sûr la conscience – cette conscience par laquelle nous nous mettons àdistance de nous-même et qui fait de nous à la fois des êtres libres et des êtres capables de réfléchir aux raisons de leurs actes. Si le fait d’être ainsi conscient de soi nous permet de décider de nos actes, autrement dit d’être libre, elle fait aussi de nous des êtres responsables, des êtres qui doivent répondre de leurs propres actes. Conscients de nous-mêmes et libres, nous ne pouvons pas...
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