Karakoil

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  • Publié le : 17 octobre 2010
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Sujet de type bac n°1 : la dissertation

« Le théâtre n'est pas le pays du réel : il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C'est le pays du vrai. Il y a des cœurs humains sur la scène, des cœurs humains dans la coulisse, des cœurs humainsdans la salle ». Victor Hugo
En vous appuyant sur des exemples précis, issus des oeuvres que vous avez étudiées, lues ou vues, vous expliquerez et commenterez ce jugement de Victor Hugo sur le théâtre.

NB : vous devrez citer comme exemple au moins une fois les textes du corpus dans votre devoir.

Texte A

Pour rester fidèle à son amour pour Roméo, Juliette ne veut pas épouser l'homme queses parents lui destinent. Elle se fait passer pour morte en buvant un narcotique. Roméo, qui l'ignore, découvre avec désespoir le corps de Juliette.

ROMÉO. - […] Ah ! chère Juliette, pourquoi es-tu si belle encore ? Dois-je croire que le spectre de la Mort est amoureux et que l'affreux monstre décharné te garde ici dans les ténèbres pour te posséder ?... Horreur ! Je veux rester près de toi,et ne plus sortir de ce sinistre palais de la nuit ; ici, ici, je veux rester avec ta chambrière, la vermine ! Oh ! c'est ici que je veux fixer mon éternelle demeure et soustraire au joug des étoiles ennemies cette chair lasse du monde... (Tenant le corps embrassé. ) Un dernier regard, mes yeux ! une dernière étreinte, mes bras ! et vous, lèvres, vous, portes de l'haleine, scellez par un baiserlégitime un contrat illimité avec la Mort ! (Saisissant la fiole. ) Viens, amer conducteur, viens, guide amer. Pilote désespéré, vite ! lance sur les brisants ma barque épuisée par la tourmente ! À ma bien-aimée ! (Il boit le poison. ) Oh ! l'apothicaire ne m'a pas trompé : ses drogues sont actives... Je meurs ainsi... sur un baiser ! (Il expire en embrassant Juliette. ) […]
JULIETTE. - […] Qu'estceci ? Une coupe qu'étreint la main de mon bien-aimé ? C'est le poison, je le vois, qui a causé sa fin prématurée. L'égoïste ! il a tout bu ! il n'a pas laissé une goutte amie pour m'aider à le rejoindre ! Je veux baiser tes lèvres : peut-être y trouverai-je un reste de poison dont le baume me fera mourir... (Elle l'embrasse. ) Tes lèvres sont chaudes !
PREMIER GARDE, derrière le théâtre. -Conduis-nous, page... De quel côté ?
JULIETTE. - Oui, du bruit ! Hâtons-nous donc ! (Saisissant le poignard de Roméo.) ô heureux poignard ! voici ton fourreau... (Elle se frappe.) Rouille-toi là et laisse-moi mourir ! (Elle tombe sur le corps de Roméo et expire. )

William Shakespeare, Roméo et Juliette, acte V, scène 3 (extrait), 1597-1599

Texte B

RUY BLAS, toujours à genoux. […]Ayez pitié de moi, mon Dieu! mon coeur se rompt!

LA REINE
Que voulez-vous?

RUY BLAS, joignant les mains.
Que vous me pardonniez, madame!

LA REINE
Jamais.

RUY BLAS,
Jamais!
(Il se lève et marche lentement vers la table.)
Bien sûr?

LA REINE
Non. Jamais!

RUY BLAS,
(Il prend la fiole posée surla table, la porte à ses lèvres et la vide d'un trait.)
Triste flamme,
Éteins-toi!

LA REINE, se levant et courant vers lui.
Que fait-il?

RUY BLAS, posant la fiole.
Rien. Mes maux sont finis.
Rien. Vous me maudissez, et moi je vous bénis.
Voilà tout.

LA REINE, éperdue.
DonCésar!

RUY BLAS,
Quand je pense, pauvre ange,
Que vous m'avez aimé!

LA REINE,
Quel est ce filtre étrange?
Qu'avez-vous fait? Dis-moi! réponds-moi! parle-moi!
César! je te pardonne et t'aime, et je te crois!

RUY BLAS,
Je m'appelle Ruy Blas.

LA REINE, l'entourant de ses bras.
Ruy Blas, je vous pardonne!
Mais...
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