Karl popper

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  • Publié le : 5 mai 2010
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Biographie
Karl Popper est né de parents juifs convertis au protestantisme. Il démarra sa vie active comme apprenti ébéniste.

Puis il étudia à l'Université de Vienne. Il adhère un temps au Parti social-démocrate d'Autriche (à l'époque marxiste). Il devint enseignant au Lycée en mathématiques et physique. Il côtoya le Cercle de Vienne (néopositiviste), qui le fit connaître, mais sans jamais yentrer. Sa pensée fut influencée par ses lectures de Frege, Tarski et Carnap.

En 1936, il donna des conférences en Grande-Bretagne, où il rencontra ses compatriotes Hayek et Gombrich. En 1937, il accepta une proposition de conférencier (lecturer) à Christchurch en Nouvelle-Zélande, où il resta le temps de la seconde guerre mondiale.

Début 1946, il revint s'installer à Londres. Sur uneproposition de Hayek, il devint professeur à la London School of Economics. Il y fonda en 1946 le département de logique et de méthodologie des sciences[1]. Il participa également à de nombreux séminaires et conférences dans d'autres universités, notamment américaines.

Il était membre de la British Academy.

Il prit sa retraite d'enseignant en 1969 et mourut le 17 septembre 1994, sans avoir eu letemps de rédiger la préface de son dernier recueil de conférences Toute vie est résolution de problèmes.

Sa pensée
Philosophie des sciences
Le problème de la démarcation
Pour Popper, le problème fondamental en philosophie des sciences est celui de la démarcation : c'est la question de la distinction entre ce qui relève de la science et ce qui est « non-science ».

Pour comprendre ceproblème, il s'interroge d'abord sur la place de l'induction dans la découverte scientifique : toutes les sciences[2] sont basées sur l'observation du monde. Comme cette observation est par nature partielle, la seule approche possible consiste à tirer des lois générales de ces observations (remarquons que c'est l'approche générale et fondamentale de tout organisme vivant qui apprend de son milieu). Sicette démarche permet d'avancer, elle ne garantit en aucun cas la justesse des conclusions. Pour Popper, il faut donc prendre au sérieux l'analyse de Hume qui montre l'invalidité fréquente de l'induction.

Par exemple, une collection d'observations (« Je vois passer des cygnes blancs ») ne permet jamais d'induire logiquement une proposition générale (« Tous les cygnes sont blancs »), car laprésente observation ne dit rien des observations à venir. Il reste toujours possible qu'une seule observation contraire (« J'ai vu passer un cygne noir ») invalide la proposition générale.

Cette critique de l'induction conduit Popper à remettre en cause l'idée (que l'on attribue un peu rapidement à tous les positivistes) de vérification. Plutôt que de parler de « vérification » d'une hypothèse,Popper parlera de « corroboration », c’est-à-dire d'observation qui va dans le sens prévu par la théorie. Même par un grand nombre d'expériences, la corroboration ne permet pas de conclure à la « vérité » d'une hypothèse générale (supposée valide pour toutes les observations jusqu'à la fin des temps).

Une proposition scientifique n'est donc pas une proposition vérifiée - ni même vérifiable parl'expérience -, mais une proposition réfutable (ou falsifiable[3]) dont on ne peut affirmer qu'elle ne sera jamais réfutée. La proposition « Dieu existe » est pour Popper dotée de sens, mais elle n'est pas scientifique, car elle n'est pas réfutable. La proposition « Tous les cygnes sont blancs » est une conjecture scientifique. Si j'observe un cygne noir, cette proposition sera réfutée. C'est doncla démarche de conjectures et de réfutations qui permet de faire croître les connaissances scientifiques.

Dans cette démarche, la théorie doit donc précéder l'observation[4].

Il rejette cette méthode de l'induction et formule ainsi une critique méthodologique, indépendante de notre capacité à modéliser les raisonnements inductifs, l'induction étant un type de raisonnement courant d'un...
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