Korm

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 21 (5235 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 7 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
„J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler vérita-

blement, jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six

ans. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur. Et comme je

n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à

essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était

pour moi une question de vie ou de mort. J’avais à peine de

l’eauà boire pour huit jours.

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille

milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un nau-

fragé sur un radeau au milieu de l’Océan. Alors vous imaginez

ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix

m’a réveillé. Elle disait :

– S’il vous plaît... dessine-moi un mouton !

– Hein !

– Dessine-moi unmouton...

J’ai sauté sur mes pieds comme si j’avais été frappé par la

foudre. J’ai bien frotté mes yeux. J’ai bien regardé. Et j’ai vu un

petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait

gravement. Voilà le meilleur portrait que, plus tard, j’ai réussi à

faire de lui. Mais mon dessin, bien sûr, est beaucoup moins ra-

vissant que le modèle. Ce n’est pas ma faute. J’avaisété décou-

ragé dans ma carrière de peintre par les grandes personnes, à

l’âge de six ans, et je n’avais rien appris à dessiner, sauf les boas

fermés et les boas ouverts.

Je regardai donc cette apparition avec des yeux tout ronds

d’étonnement. N’oubliez pas que je me trouvais à mille milles de

toute région habitée. Or mon petit bonhomme ne me semblait

ni égaré, ni mort defatigue, ni mort de faim, ni mort de soif, ni

mort de peur. Il n’avait en rien l’apparence d’un enfant perdu au

milieu du désert, à mille milles de toute région habitée. Quand

je réussis enfin à parler, je lui dis :

– Mais... qu’est-ce que tu fais là ?

Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose

très sérieuse :

– S’il vous plaît... dessine-moi un mouton...

Quand lemystère est trop impressionnant, on n’ose pas dé-

sobéir. Aussi absurde que cela me semblât à mille milles de tous

les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche

une feuille de papier et un stylographe. Mais je me rappelai

alors que j’avais surtout étudié la géographie, l’histoire, le calcul

et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de

mauvaisehumeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répon-

dit :

– Ça ne fait rien. Dessine-moi un mouton.

Comme je n’avais jamais dessiné un mouton je refis, pour

lui, l’un des deux seuls dessins dont j’étais capable. Celui du boa

fermé. Et je fus stupéfait d’entendre le petit bonhomme me ré-

pondre :

– Non ! Non ! Je ne veux pas d’un éléphant dans un boa.

Un boa c’est trèsdangereux, et un éléphant c’est très encom-

brant. Chez moi c’est tout petit. J’ai besoin d’un mouton. Des-

sine-moi un mouton.

Antoine de Saint-Exupéry: Le petit prince

Ce texte contient les phrases simples, il n'y a pas de difficulté à comprendre. Le texte ressemble aux fables, comme il était écrit aux enfants.

Dans le texte deux personnes sont présentes. Elles ne sont pas décrites,on sais seuleent les circonstances des personnes. La deuxième personne, le petit bonhomme, on sait qu'il est petit et ressemble à un enfant. On peut deviner quelques caractéristiques du petit bonhomme qui répète plusieurs fois ses questions.
Les temps verbeaux comme le passé composé, l'imparfait ou le plus que parfait sont très fréquents. On sait ainsi que ce texte est écrit au passé.D'abors analisons les marques qui permettent à établir les connections dans ce texte.
Le premier types de ces marquers sont les conjonctions de coordination. Dans la phrase „et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tous seul, une réparation difficile”.
À la premier vue, „et” est un conjonction de coordination, qui marque que cette phrase est...
tracking img