Léon walras

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  • Publié le : 23 mars 2011
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Léon Walras

L'œuvre de Walras qu'on va étudier s'inscrit dans un courant, large, qui correspond au marginalisme. Dans les années 1870, on a de façon quasi simultanée (et en tout cas indépendantes) au moins trois auteurs qui vont raconter des choses qui, chez chacun, s'appuient sur le raisonnement marginaliste, raisonnement qui apparait, du coup, comme relativement nouveau. Ces trois auteurssont Walras (économiste Français), Carl Menger (Autrichien) et Jevons (Anglais). Ces trois économistes écrivent au cours de la même période, des idées qui sont proches. On a donc l'impression qu'on a affaire à quelque chose de semblable que ce qu'on avait déjà rencontré a propos de la rente différentielle, puisque 3 auteurs avaient publié chacun un texte a l'intérieur duquel la théorie de la thèsedifférentielle était présente. Dans notre cas, on a trois auteurs qui vont faire apparaitre un raisonnement marginaliste a travers leurs contributions. Il est relativement facile de considérer que ceci constitue une véritable révolution (révolution marginaliste), puisque ce nouveau raisonnement supposait un changement radical dans le paradigme utilisé. Est ce que changement était aussi radical? Ilfaudrait essayer d'examiner quelques idées reçues :
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Il s'agirait d'une réaction idéologique au Marxisme (réaction libérale) : On a tous les éléments pour penser que ce n'est pas le cas. Tout semble s'être déroulé dans une ignorance complète de part et d'autres. Marx meurt au début du marginalisme, alors même que ce courant n’était absolument pas dominant. On à a ce sujet retrouvé une lettred'Engels, dans laquelle il dit qu'il y a quelqu'un qui intéresse beaucoup de monde en Angleterre, et qui dit que la valeur dépend de l'utilité. Cette utilité correspondait alors à ce que Marx appelait la valeur d'usage, et il avait montré qu'on ne pouvait pas s'arrêter a cette notion de valeur d'usage. Donc les économistes Marxistes ne réagissent pas du tout au marginalisme, le considérantabsurde. Il semble par contre que Walras, et avec lui tout le courant marginaliste, n'ait pas eu de connaissance suffisante de l'œuvre de Marx. En effet, cette œuvre est complètement ignorée chez Walras ainsi que chez Jevons, et a peine présente chez Menger (on a peut être trouvé des ouvrages de Marx dans sa bibliothèque). Par contre, les suivant, comme Pareto, connaissaient très bien Marx et voulaientsurement répondre à sa théorie. Seulement, on ne peut pas vraiment dire que la valeur utilité n'est apparue qu'en réponse à la valeur de Marx de la valeur travail.

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Le marginalisme serait né d’une réaction libérale ou antisocialiste : Walras se disait socialiste, et socialiste scientifique (il utilisait la même expression que celle de Marx et Engels, mais manifestement en l'ignorant).Si on lit l’œuvre de Jevons, on aurait du mal à voir surgir dans ses écrits des idées provenant d’un dangereux réactionnaire. Le plus marqué serait finalement Menger, l'autrichien, encore qu'on trouve beaucoup de références qui portent aux fonctions régaliennes de l'état, ce qui peut nous amener à penser que s’il n'était peut être pas favorables pour des interventions excessives de l'état, ilpouvait néanmoins considérer que cela pouvait être utile. On aurait donc du mal à penser de cette que ce qu'elle a construit s'est fait réaction au marxisme. L'élément proprement révolutionnaire, et qui peut apparaître comme quelque chose de nouveau, était le recours aux mathématiques. Walras n'était pas un bon mathématicien, il avait un intérêt énorme pour les mathématiques, mais il n'était pas trèsdoué. On peut voir dans cet économiste un très bon exemple d'échec scolaire

transformé. Son père était un économiste, et avait des amis type Cournot... Léon Walras voulait aller a polytechnique, mais son admission à été refusée. Il est finalement admis aux mines, mais sera renvoyé un an plus tard. Ses ambitions mathématiques sont donc, de fait, bien supérieures à son niveau. Il va utiliser...