La beauté en poésie

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  • Publié le: 16 février 2011
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DISSERTATION : La Beauté en Poésie

Sujet : « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots », écrit Alfred de Musset dans sa Nuit de Mai. Êtes-vous d’accord avec cette conception de la beauté en poésie ? Vous appuierez votre réflexion sur les textes du corpus et sur vos connaissances personnelles.

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« L’art ne faitque des vers, seul le cœur est poète » écrit André Chénier dans L’Aveugle, exprimant ainsi le mot d’ordre même du Romantisme, mouvement littéraire et culturel qui domina la poésie française du XIX° siècle. Mouvement rejetant les canons esthétiques du classicisme, le Romantisme est une conception nouvelle et originale de la poésie qui accorde la prééminence aux sentiments exprimés sous la forme d’unlyrisme exalté. C’est cette conception de la poésie qu’immortalisa Musset dans La Nuit de Mai par ces vers restés célèbres : «Les plus désespérés sont les chants les plus beaux / Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots ».
La recherche de la beauté en poésie constitue une quête qui anime l’ensemble des poètes du XVI° siècle au XX° siècle ; cependant, les critères permettant dedéfinir cette beauté nous échappent, c’est pourquoi Musset nous fait part de sa propre conception de l’art poétique. Selon lui, la beauté réside dans le thème abordé, en l’occurrence, l’expression des sentiments humains et plus particulièrement le désespoir. Une interrogation nous brûle alors les lèvres : sur quels critères nous fondons nous pour définir la beauté en poésie ? Est-ce, comme Musset semblel’affirmer, sur l’expression du désespoir ? Ou est-ce la forme même des poèmes qui crée le charme de cet art magique ?

La beauté poétique apparaît, tout d’abord, dans les thèmes choisis par les poètes, le but étant que le lecteur partage avec ce dernier des émotions intenses. Cette beauté peut transparaître à travers plusieurs thèmes, touchant, la plupart du temps, à l’expression de sentimentsdouloureux qui peuvent être contradictoires, qui définissent un mal être, ou encore, qui affectent le poète de manière personnelle.
L’expression des sentiments contradictoires reflétant les tourments de l’âme humaine, a traversé toutes les époques et tous les courants poétiques ; En effet, dès le XVI° siècle, ces épanchements lyriques sont perceptibles : « Je vis, je meurt ; je me brûle et menoie ; / J’ai chaud extrême en endurant froidure : La vie m’est et trop molle et trop dure ». Dans ces quelques vers de Louise Labé, les contradictions de l’être, troublé par ses sentiments, apparaissent, mettant en valeur, grâce à une série d’antithèses, toute la complexité de l’individu. Le romantisme, quant à lui, a fait son essence même de ce lyrisme, à travers la mise en valeur de l’individuunique et complexe, fasciné par son intériorité. Ainsi, dans son œuvre Les Chimères, Nerval est en pleine crise identitaire et recherche dans le poème « El Desdichado », sa véritable identité : « Suis-je Amour ou Phoebus… ? Lusignan ou Biron ? ». La schizophrénie dont Nerval est victime représente l’apogée d’un phénomène qui touche toute une génération de poètes, à savoir « le mal du siècle »romantique, forme de nostalgie et de malaise devant une société qui semble inadaptée à leurs besoins.
Ce « mal du siècle » grandit au fil du temps pour atteindre son apogée dans l’œuvre de Baudelaire ou encore dans celle des décadents tels que Corbière, ou encore Laforgue. La beauté de la poésie de la douleur, et du désespoir semble également résider dans l’expression d’un mal être profond, comme sile poète se livrait entièrement à ses lecteurs. C’est le cas dans Les Fleurs du Mal (le titre semble déjà très évocateur) de Baudelaire, où le poète nous fait part de ses tourments intérieurs, qu’il nomme le « spleen ». Ce nom est un terme anglais désignant une forme de mélancolie, un ennui sans cause, un dégoût généralisé de la vie. Dans « Spleen » (LXII), Baudelaire met en scène son mal être...
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