La besace

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1281 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 30 juin 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
FRANÇAIS – ORAL BAC 2000

Groupement de texte : Voyage poétique

Le bateau ivre
Arthur Rimbaud

Fiche n°5
Page du livre / références

Contexte historique / introduction :

Arthur Rimbaud (1854-1891) est tout d’abord un adolescent prodige fugueur et révolté, qui se rebelle contre le nationalisme ambiant, les inégalités et la guerre (il écrit dès 16 ans « Ma Bohème », « le Dormeurdu Val »…). Puis, à partir de 1871, Rimbaud décide de changer le monde par la poésie et établit un projet poétique ambitieux. Invité à Paris par Verlaine, le poète exalté écrit « Le Bateau Ivre » qui lui permettrait de s’introduire dans les cercles littéraires parisiens.
Dans le « Bateau Ivre », une poésie « hallucinée », Rimbaud évoque à la fois son adolescence révoltée, violente, mais aussi levoyage dans la poésie qu’il va entamer (le Voyant).

Analyse du texte

I. Une violence triomphante
1. Une violence symbolisée par les images
La violence présente dans ce poème est issue d’une série d’images :
← La violence des Peaux-Rouges : la violence transparaît dans leur comportement sauvage : « les ayant cloués nus… », mais aussi dans les couleurs utilisées par Rimbaud pourdépeindre la scène (« criards », « poteaux de couleurs »).
← La violence des « équipages », des bateaux : le commerce (« blé flamands », « cotons anglais ») est assimilé à un « tapage » (bruit tumultueux, vacarme assourdissant).
← La violence des éléments : la nature semble déchaînée et emportée (« le clapotement furieux des marées », « la tempête », les « péninsules démarrées . Le mot« tohu-bohu triomphant », synonyme de tapage, résume cette violence de la mer.
On est donc en présence d’un environnement hostile et révolté, sauvage et agressif.

2. Une violence libératrice
Cette série d’agressions semble affranchir le voyageur de plusieurs contraintes :
← La violence des Peaux-Rouges le libère des haleurs (c’est à dire des guides, des liens). Cette violence permet au voyageur de« descendre où [il voulait] » ; organisation symétrique du vocabulaire :
Comme je descendais des Fleuves impassibles
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs… (v.1 et v.2)
[…]
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Les haleurs représentent doncdes éléments qui « guident » mais qui surtout empêchent le voyageur de « descendre ». La violence des peaux-rouges les anéantit.
← Cette violence des Peaux-Rouges permet au voyageur de passer de l’impassibilité au déchaînement : le fleuve, qui encadre les deux premières strophes, est « impassible » au vers 1, conduisent le voyageur (« m’ont laissé descendre ») vers le « clapotement furieux desmarées ».
← La violence, si elle entraîne le voyageur vers le déchaînement, l’entraîne aussi vers la liberté : du fleuve plus ou moins étroit où guident les « haleurs », on passe dans une mer où « grappins et gouvernails » sont « dispers[és] ».

3. Une violence qui abolit un monde refusé par le poète
Par extension, cette violence libératrice met fin à un monde que le poète renie :
← Laconstruction chiasmatique des strophes 1 et 2 (symétrie des vers opposés) met en liaison non seulement les haleurs et les fleuves (voir paragraphe précédent), mais aussi les « Peaux Rouges criards […] cible » avec « les blés flamands » et les « cotons anglais », et « les ayant cloués » avec « équipage ». La violence des « Peaux-Rouges » marque dont la fin du « tapage » et des « équipages », symbolesdu monde économique et social que l’auteur refuse et dont il est d’ailleurs « insoucieux ».
← Pour le poète, cette violence n’a rien à voir avec la vision mortifère des océans propagée par les romantiques, comme le montre l’allusion à « Oceano nox » de Hugo, que Rimbaud conteste indirectement (structure « Qu’on appelle… » + opposition « dansé » et « victimes »). Le poète conteste ainsi la...
tracking img