La cedeao

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  • Publié le : 20 juillet 2011
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PREMIÈRE PARTIE — VISIONS STRATÉGIQUES ET PERSPECTIVES D’AVENIR
1. La CEDEAO et l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest | |Document 5 de 20
Abass BUNDU
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Cette contribution de l’ancien secrétaire exécutif de la CEDEAO examine l’expérience de l’intégration régionale en Afrique del’Ouest au cours des deux dernières décennies. Il existe une quarantaine d’importantes organisations intergouvernementales (OIG) dans la région, et pour Bundu, cela témoigne déjà de l’esprit et de la solidarité communautaires qui se sont développés entre les États de l’Afrique de l’Ouest. Ces OIG n’ont cependant pas eu d’impact significatif sur le développement, en raison de sérieuses lacunes dans lamise en œuvre efficace des programmes d’intégration dans les pays membres.
L’auteur regrette l’absence d’une culture d’intégration — voire d’une culture de développement en général — dans les pays de la sous-région. Après les indépendances, les États ont accordé la priorité à la construction nationale, et plusieurs facteurs ont favorisé le maintien des divisions interétatiques, y compris: lesdivergences idéologiques et d’approche; la peur d’être dominé .par le Nigeria ; les pesanteurs inhérentes à certaines structures institutionnelles et économiques héritées de la colonisation ; la crise économique qui sévit dans la région depuis le début des années 1980, et l’instabilité politique. Tout progrès dans le domaine de l’intégration régionale exigera des dispositions institutionnelles plusrigoureuses au niveau national, un certain soutien de l’extérieur et une prise en charge de certaines responsabilités de leadership de la part de tous les acteurs de la Communauté.
Le chapitre examine certains aspects encourageants du traité révisé de la CEDEAO approuvé par les chefs d’État en juillet 1993, et termine en évoquant le besoin de nouveaux efforts et de nouvelles ambitions en faveur del’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.
La signature du traité d’Abuja instituant la Communauté économique africaine, en juin 1991, a mis en place un schéma d’intégration et de développement économiques renouvelé et ambitieux pour l’Afrique. Toutefois, l’un des traits marquants de cet événement historique a été le manque d’analyse préalable suffisamment approfondie des problèmes ayanttrait à la coopération et à l’intégration régionales. Même si certaines études ont été entreprises dans ce sens, un examen approfondi et critique de l’expérience ouest-africaine en matière d’intégration demeure d’actualité pour mieux préparer la participation de la sous-région à l’initiative continentale et renforcer le rôle de l’intégration régionale dans le développement.
Le xxe siècle sedistingue dans l’histoire par la dominance de changements rapides et spectaculaires. Des changements révolutionnaires ont été enregistrés depuis le début du siècle grâce à une série d’innovations technologiques résultant de recherches et d’expérimentations continues dans tous les domaines de l’activité humaine. Ce processus est arrivé à son point culminant au cours de cette dernière décennie du XXesiècle, où l’on assiste à un tourbillon de changements.
La région ouest-africaine n’a pas été épargnée, car elle est partout confrontée à l’agitation et au bouleversement de la société. Tous les aspects de la vie — la religion, la politique, le social, l’économie — sont sujets à des changements fréquents capables d’ébranler les valeurs culturelles des peuples et de menacer l’existence même de certainspays (CEDEAO, 1993a). Ailleurs dans le monde, ces mutations sont généralement positives et souhaitables, mais dans la région ouest-africaine elles trouvent leur origine et leur suite dans la crise et la dégradation économiques. Le défi qui se pose alors aux gouvernements et aux populations est de savoir comment mettre un terme à la désintégration économique et à l’érosion conséquente des...
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