La censure

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  • Publié le : 8 décembre 2009
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La censure se distingue en deux partie.

C’est tout d’abord une mesure prise par une autorité afin de condamner une forme de discours ou de représentation contraire aux règles établis. Ce principe s’illustrent par plusieurs exemples de pouvoirs répertoriés plus loin mettant en place une censure qui peut prendre plusieurs formes avec des fins toutes différentes. Mais c’est aussi unrefoulement, un auto-refoulement, d’une vie psychique et intellectuelle dont chaque citoyen sait qu’elle ne serait acceptée par la société. L’homme (et donc l’artiste) a su s’adapter à ces règles qu’il s’est lui-même imposé, même si la création artistique fut irrégulière qualitativement dans le temps, faisant écho de la sévérité du pouvoir établi.



Mon premier exemple portera sur l’artislamique, plus précisément les

miniatures perses. Tout d’abord, dans cet art, rappelons-le, la place de l’image est délicate, dû à l’ambiguïté liée à l’interdiction des représentation du vivant car le mimétisme créé par l’homme est considéré comme une atteinte à Dieu, car Lui seul a le pouvoir de créer le vivant. On peut remarquer cependant qu’il y eut plusieurs époques successives plus ou moinsiconoclastes. Ainsi les artistes avaient parfois recours à des techniques particulières de détournement du commandement afin de ne pas être accusé d’avoir voulu représenter la réalité. Quelques une d’entres elles consistaient à ne pas dessiner les ombres ce qui retire tout réalisme aux figures, ou encore de croiser les plans perspectif ce qui créé un ensemble totalement irréaliste donc nonnaturaliste. Les visages sont standardisés, immobiles. Cependant les éléments comme les vases les tapis , l’architecture sont reproduits de façon très réalistes. Dans certaines fresques, on remarque que des censeurs d’une autre époque ont «égorgés» symboliquement les êtres représentés, à l’aide de grattages ou de fines lignes à l’encre. Plus radicalement, les visages étaient grattés afin que l’on nedistingue plus aucun traits qui symboliseraient une vie, un esprit. Dans une autre région du monde, et à une toute autre époque, les images Cliché original de Goldshtein, 5 mai 1920 censurées de la Commune de Paris (1871). Suite au démantèlement de ce groupe révolutionnaire, l’Etat français entrera dans une campagne de censure sévère à l’encontre des images sympathiques à la commune,dirigées contre les chefs de l’armée et contre les principaux responsables politiques de Versailles. Le 28 décembre 1871, un décret est publié, il interdit l’exhibition, le colportage ou la mise en vente de toutes images de «nature à troubler l’ordre publique», à l’exception des images des ruines de Paris car celles-ci étaient considérées de «nature artistique», mais aussi les portraits d’insurgésaidant aux enquêtes policières et qui finissent de donner une image criminelle aux communards. Ainsi, jusqu’en 1881, une demande d’autorisation préalable pour toute image Cliché falcifié de Goldshtein, 5 mai 1920 Anastasie, André Gill, 1874

destinée à être publiée était obligatoire. En 1875, le Salon des Artistes Français censura plusieurs œuvres qui avaient pour sujet la Commune, comme cellepar exemple d’Auguste Lepère Episode de la commune, rue des rosiers à Montmartre. La même année, Ernest Pichio peignit Le triomphe de l’ordre, description lyrique des exécutions du Père Lachaise des communards par les versaillais. Ce tableau montre les visages pleins d’effrois et les corps convulsés des révolutionnaires face aux gardes impassibles, séparés par une fausse. Le directeur des BeauxArts de l’époque demandera alors au peintre de retirer son œuvre de l’exposition, car les souvenirs étaient «trop douloureux» et que l’art devrait rester étranger à toute passion politique. L’œuvre sera retirée mais elle fera tout de même scandale dans le monde de l’art de l’époque. En France, du XIXème siècle à nos jours, une représentation allégorique de la censure apparaît sous le nom...
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