La chinafrique, le cas du kenya

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1125 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
LA CHINAFRIQUE : LE CAS DU KENYA


La présence chinoise en Afrique est indéniable. Si certains vantent l’impact positif de cette présence de plus en plus croissante sur l’économie des pays africains (programmes de subventions pour le développement, construction d’hôpitaux et de résidences à bas prix entre autres), d’autres y voient une menace future qu’il ne faut pas sous-estimer. Nousexpliciterons dans un premier temps ce que l’on entend par la « Chinafrique », puis comment s’établit la coopération Chine-Kenya, et enfin quels sont ses enjeux actuels et futurs observables.

Le concept de Chinafrique fait beaucoup parler de lui ces dernières années, plusieurs auteurs et journalistes ont tenté de l’expliquer sur la base de critères économiques en premier lieu, puis politiques etsociaux, et l’on peut alors se demander quelle définition lui donner afin de faire apparaître tous les aspects de ce terme. La meilleure définition semble être celle donnée par Serge Michel, journaliste ayant mené l’enquête et publié un livre à ce sujet [1], dans lequel on voit qu’il s’agit d’un système qui ressemble à la Françafrique dans la mesure où il s’appuie sur des relations politiquesprivilégiées avec les élites africaines pour faire avancer des contrats commerciaux. C’est une démarche qui profite aux dictateurs en place, puisque les intérêts économiques priment sur la priorité démocratique. Mais il diffère aussi de son modèle français : d’abord, il n’y a pas de passé colonial et ce n’est donc pas la Chine qui a mis en place les régimes en question. La Chine n’a pas non plus de troupesmilitaires en Afrique et ne joue donc pas sur le soutien à des guérillas pour faire tomber un gouvernement ou vice-versa. Enfin, la Chine n’a pas d’objectifs ciblés à une région en particulier, elle réfléchit à l’échelle du continent africain et est présente dans les 53 pays d’Afrique, ce qui lui permettra, à terme, de relier des projets comme aucune autre puissance ne serait en mesure de le faireà l’heure actuelle.

Attachons-nous maintenant à la façon dont s’opère la coopération entre la Chine et le Kenya. Nous pouvons faire une brève chronologie depuis la fin des années 70 pour expliquer cette coopération devenue étroite aujourd’hui. Tout d’abord, nous pouvons noter que la première approche Kenya vers la Chine s’est faite à la fin des années 70, période qui correspond comme nousl’avons vu en cours, au regain du néolibéralisme et au développement par l’intégration aux marchés financiers globaux [2]. Ainsi, le président de l’époque, Daniel Moi (au pouvoir de 1978 à 2002), souhaitait diversifier les sources externes de financement pour le développement et à donc établit des négociations avec le vice-président chinois de l’époque, Deng Xiaoping. Ces négociations ont mené à deuxaccords : le premier est une coopération économique et technologique, le second était un accord d’échange géré par les gouvernements kenyans et chinois. Mais avec le recul, on constate que malgré les efforts fournis par les deux gouvernements pour booster les exportations du Kenya vers la Chine, le résultat de ces accords est que la balance commerciale penche nettement plus en faveur de la Chine.Depuis 2002, la coopération dans la création de profits s’est accentuée, permettant au Kenya de diversifier ses sources d’investissement et d’élargir son accès aux marchés externes (marchés chinois). Nous pouvons aussi parler de l’aspect sur l’aide au développement : le Kenya n’est pas aussi dépendant de l’aide au développement que le sont la plupart des pays africains. L’aide en provenance de laChine est passée de 0,08% du total de l’assistance externe en 2002, à 13% en 2005 [3]. Cette forte augmentation montre comment la Chine s’impose de plus en plus comme un donateur bilatéral, ce qui irrite les donateurs occidentaux traditionnels tels que les États-Unis, la France, le Royaume-Uni qui ont le sentiment de perdre un peu de leur influence au Kenya.

Enfin, nous pouvons tenter de...
tracking img