La chronique d'anne dufourmantelle : voyage au bout de soi

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  • Publié le : 26 septembre 2010
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La chronique d'Anne Dufourmantelle : Voyage au bout de soi

Avec les jours de début d’été vient l’envie de se dépayser. Changer d’horizon, rompre avec les habitudes. Le quotidien soudain nouslasse, la chaleur voudrait que l’on déserte les rues trop souvent fréquentées pour s’échapper un peu, prendre le large...

Descartes, dans ses Méditations (1), assurait que l’on ne pouvait mieux trouverle monde qu’auprès d’un poêle, réfugié dans sa chambre. Tout est là, nous dit-il, nul besoin d’horizon exotique pour rencontrer le réel. Il suffit d’être attentif, d’exercer son doute et sa pensée,bref, être un peu « à soi ». Et pourtant… Ne fut-il pas lui-même un grand voyageur, bretteur, duelliste, passeur d’idées et de frontières, ayant pris des risques insensés, s’étant risqué dans desterritoires interdits ? Ce n’est que bien tard dans sa vie qu’il se réfugia dans une chambre !

Socrate alla trouver la Pythie, il fit un long chemin pour s’entendre dire ce « Connais-toi toi-même »légendaire. Retour à la case départ ? Et s’il fallait aller très loin pour pouvoir se risquer au plus près de soi ? Saint Augustin fut un autre grand voyageur, il parcourut le Moyen-Orient et une partie del’Afrique, de la Grèce et de l’Italie pour finalement envisager la « Cité de Dieu » ici-bas, parmi les hommes au cœur de la raison. Wittgenstein alla jusqu’au front russe faire la guerre et finitaide-soignant dans un hôpital anglais alors que son cours à Cambridge était si renommé. Qu’allait-il donc chercher ? Que faire de la douleur du monde ? Car c’est le monde, et avec lui quelques fragmentsde réel pur que l’on rencontre, tel Don Quichotte, dans ce voyage sans retour. Nous sommes des êtres fragmentés, incertains, inconnus à nous-mêmes. Des loyautés multiples envers nos proches, nosparents, nos amis, s’entrelacent en nous. C’est ce feuilletage composite et mouvant que l’on voudrait résumer à un moi bien fragile. « Le je est une invention de la grammaire », écrivait Nietzsche bien...
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