La colonne d'harmonie

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  • Publié le : 1 août 2011
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LA COLONNE D’HARMONIE
Lorsque mon Vénérable Maître m’avait demandé de prendre une responsabilité dans le cadre des officiers dignitaires de ma Loge il m’a proposé la Colonne d’Harmonie. C’était là un défi considérable pour moi qui ne sait pas lire les notes de musique et qui ne connaissait pas le répertoire de la musique classique.
Bien- sûr, j’avais quelques disques de musique classique durépertoire le plus populaire, moins pour étudier ce genre de musique, mais pour entendre des sons différents et des mélodies inconnues qui changent de la musique moderne qui avait commencé à me lasser. Inutile donc de dire que ma mission était de taille, au combien difficile pour la première tenue.
Mais à force d’approfondir le sujet j’ai ressenti de plus en plus de plaisir à la recherche,l’écoute et l’appréciation. Cette fouille des répertoires musicaux a été accompagnée de l’étude approfondie des divers rituels. La musique en Loge doit en effet valoriser les divers moments des tenues et rehausser la solennité des cérémonies.
Après cette introduction je vais vous parler de la Colonne d’Harmonie.
Dans la maçonnerie anglaise-écossaise le chant était pratiqué depuis le début de lacréation des Loges. Certaines chansons actuelles sont déjà présentées dans les constitutions d’Anderson de 1723, tel que chant du maître et celui de l’apprenti-entré.
Le chant fut pratiqué pour accompagner le rituel. Les chants pour voie seule formaient une large part de la production maçonnique. Ces pièces étaient souvent l’œuvre de compositeurs qui étaient aussi éditeurs, ce qui a permis ladiffusion dans les loges.
Petit à petit les chants furent accompagnés de musique instrumentale. La musique instrumentale jouait aussi un rôle primordial, bien qu’essentiellement ornemental.
Au début on se servait de mélodies connues, donc profanes, mais avec l’initiation de musiciens des musiques furent créées spécialement pour accompagner le rituel et les travaux.
Avec l’apparition despremières Colonnes d’Harmonie deux genres de musique s’imposent : la cantate et la marche.
La marche accompagne les cortèges et gestes symboliques. Elle est jouée pendant les temps de repos ou de réflexion et lors de la circulation du tronc de la veuve.
La cantate a été abandonnée progressivement au profit d’autres genres, probablement suite au recrutement musical des loges.
Durant la même période lamélodie est appréciée dans la mesure où les maçons peuvent trouver des thèmes proches de leurs sentiments.
Au début les textes des chansons parlent de la fraternité, on chante la joie de former une famille, on chante sur la vertu du Grand Architecte de l’Univers, on chante sur la mort à l’occasion des tenues funèbres.
Dès les années 1860-1870 on passe du discours moral ou discours social et plustard au discours pacifique. On chante des chansons sur la bienfaisance. On dénonce la foi, instrument de la soumission. On revendique le droit de chacun de jouir des fruits de son travail. Des chants inspirés de la libre pensée apparaissent également.
Les premiers ensembles musicaux se sont formés dans les Loges militaires et les musiciens étaient des musiciens militaires. Ces orchestres étaientappelés «  Harmonie », ce qui était aussi le nom de la musique militaire. Plus tard, et en considérant le vocabulaire maçonnique, fut employé le terme de Colonne d’Harmonie.
Au début une Colonne d’Harmonie se composait de trompettes. Plus tard l’ensemble rassemblait deux clarinettes, deux bassons, deux cors et un timbalier.
A fur et à mesure du recrutement de musiciens et de la créationd’instruments de musique, on trouvait dans les Loges l’orgue, les flutes-traversières, les cordes, les harpes et encore une fois les trompettes.
Nicolas les Etangs, ancien Vénérable de la Loge des Trinosophes à l’orient de Paris, préconisa dans son rituel de 1848, l’emploi de deux clarinettes, de deux cordes, de deux bassons, d’un trombone, d’une petite flute, d’un hautbois et de deux...
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