La conception du theatre chez antonin artaud

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LA CONCEPTION DU THEATRE CHEZ ANTONIN ARTAUD

Citations d’Artaud sur le théâtre balinais.

“Le monde a faim et ne se soucie pas de la culture.”

“Le totémisme est acteur car il bouge, et s’il est fait pour les acteurs toute vraie culture s’appuie sur des moyens barbares et primitifs du totémisme, dont je veux la vie sauvage, c’est-à-dire, entièrement spontanée.”

“Toute vraieeffigie a son ombre qui la double.”

“Briser le langage pour toucher la vie, c’est faire ou refaire le théâtre.”



Etude de texte des sept premières pages publiées dans la N.R.F

On remarque dans ce texte le développement d’une esthétique novatrice nouvelle. En quoi?

I. Théâtre de rupture

1° - Rupture avec le mot : Le théâtre d’Artaud n’est pas basé sur le mot, à la différence deJoubert qui prône le théâtre du beau mot.

2° - Rupture avec la tradition de l’acteur : Artaud innove un nouveau langage physique à base de signes et non plus de mot, les acteurs ne sont plus des Rois et n’improvisent pas. Le metteur en scène devient un grand ordonnateur et le créateur d’une oeuvre.

3° - Rupture avec la tradition classique : le théâtre n’est plus un art simple et épure,comme le décrit Copeau par me théâtre de l’œuvre dans sa nudité. En effet le théâtre balinais devient un “foisonnement compliqué” et de ca fait un théâtre riche.

II. Un langage codifié

1° - Un des nouveaux langages prédominants est celui de l’extrême et de la violence : les acteurs se servent de mots qui font référence à la peur et aux hallucinations qui jouent sur les états d’esprits desspectateurs.

2° - Le langage des correspondances : il y a en effet dans le théâtre balinais une correspondance entre le chant, la musique, les acteurs qui fuse de l’ouïe à la vue, de l’intellectuel au corporel. Il y a une unification de tous les éléments et plus aucune rupture entre les choses qui font du spectacle un spectacle réussi.
Ces correspondances touchent l’inconscient du spectateur, danstoute sa profondeur psychique, car ce sont des signes spirituels qui frappent intuitivement et qui ont un pouvoir évocateur du rythme.

III. Les limites du texte

- Il faut prendre un certain recul par rapport au texte car on y remarque un paradoxe : le langage codifié doit être symbolique mais aussi réaliste.

Formes spirituelles dont Artaud s’est inspiré :

Après 1832, l’esthétiquebalinaise est extrêmement riche, avec de somptueux décors et de somptueux costumes.

Il existait le drame dansé : les danseurs avaient des bâtons d’encens planté dans la tête, ce qui donnait une impression d’autel vivant. Ce bâton d’encens était en fait une offrande faite à Dieu.
Dans ce théâtre, il y avait une danse directionnelle, dans laquelle le corps se propulse dans l’espace : tout partdu corps et passe par le corps qui est la force intérieure des choses.

Il y avait deux sortes de danse :
- le Gambou : qui a inspiré les classiques de la littérature balinaise du XVIIè car elle était noble
- le Calomaroug : c’est une forme moins noble de la danse, elle est effectuée devant les temples, lors des incinérations, en l’honneur des dieux. Les femmes, qui ont une réputation desorcières ont une double face : le bien et le mal.

Il y avait, dans la représentation, une alternance entre des scènes dansées, des scènes de transe collectives et des scènes d’amour très charnelles.

Ce spectacle était représenté lors des grands malheurs de l’humanité, comme les famines ou les épidémies, afin d’exorciser le mal.

L’idée de la mise en scène :

La mise en scène esttotalement bouleversée par rapport au théâtre classique occidentale. Le spectacle est une transe dépossédée de son identité, emporté dans un tourbillon.

L’idée de double est l’idée dominante : ce n’est pas la réalité quotidienne qui est mise en scène mais c’est la réalité des mythes grâce au recours à la cruauté morale et physique. L’homme est condamné à la mort imminente à la fin d’une...
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