La concience

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NDLP, T. ES et S, correction du devoir du 19 Octobre 2006. Philosophie, Mme Guyot. Texte de Alain sur la conscience extrait de Définitions. Page 1 sur 4 .

Correction du texte de Alain, extrait de Définitions.
« La conscience est le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la personne humaine elle-même, qui se met en demeure de décider et de se juger. Ce mouvement intérieur est danstoute pensée : car celui qui ne se dit pas finalement "Que dois-je penser ?" ne peut pas être dit penser. La conscience est toujours implicitement morale ; et l'immoralité consiste toujours à ne point vouloir penser qu'on pense, et à ajourner le jugement intérieur. On nomme bien inconscients ceux qui ne se posent aucune question d'eux-mêmes à eux-mêmes. Ce qui n'exclut pas les opinions sur lesopinions et tous les savoir-faire, auxquels il manque la réflexion, c'est-à-dire le recul en soi-même qui permet de se connaître et de se juger, et cela est proprement la conscience. Rousseau disait bien que la conscience ne se trompe jamais, pourvu qu'on l'interroge. Exemple : ai-je été lâche en telle circonstance ? Je le saurai si je veux y regarder. Ai-je été juste en tel arrangement ? Je n'aiqu'à m'interroger : mais j'aime bien mieux m'en rapporter à d'autres. » ALAIN, Définitions.

Problème du texte : on peut définir la conscience comme ce qui donne accès à ce qui nous entoure et à nous-mêmes. En cela, la conscience semblerait permettre la connaissance et générerait la capacité de penser, d’établir des jugements rationnels sur un objet de pensée. Mais le terme se dit aussi pourdésigner l’instance morale en l’homme, qui lui permet non seulement d’être rationnel, logique et cohérent, et de bien déduire des idées les unes des autres, mais en outre raisonnable. Pourtant, certains êtres peuvent être dits immoraux, parce qu’ils jugent mal et agissent mal : seraient-ils moins doués de conscience que les autres ? N’associe-t-on pas à tort la capacité de penser et celle de penserconformément à la morale ? Ceux qui jugent mal sont-ils en fait inconscients ? On peut repérer trois étapes dans l’argumentation de l’auteur. Dans un premier temps, Alain définit la « conscience », c’est-à-dire dit ce qu’elle ne peut pas ne pas être, ou ce qu’elle est nécessairement. Il cherche donc à exposer la nature intrinsèque de la conscience, son essence. Or, qu’appelle-t-on « être conscient »,si ce n’est être en mesure de présenter clairement à l’esprit certaines informations sur le monde et sur soi- même ? En effet, avoir conscience, par exemple que l’on est dans une pièce, c’est non seulement savoir que certains éléments qui constituent notre environnement sont présents, mais avoir l’idée qu’on les voit ; c’est encore être en mesure de distinguer ce qui fait cet environnement de ceque l’on est, soi, c’est-à-dire être capable de savoir que l’on est soi, et que l’on n’est pas ce qui n’est pas soi (une table, une chaise, un mur, etc). La conscience est ainsi « savoir », c’est-à-dire qu’elle apporte des informations, grâce aux sens notamment, sur le monde et sur nous mêmes, mais c’est un savoir qui se sait lui-même, qui donc est réflexif, dans la mesure où le sujet, enl’occurrence l’homme, n’a pas seulement présent à l’esprit les éléments que lui transmettent ses sens (les couleurs, les impressions), mais il sait que c’est bien lui qui les ressent et les traite, connaissant donc d’une part qu’il voit ce qu’il voit, qu’il pense ce qu’il pense, mais que ce « je » qui pense, est bien distinct de ce qui est objet de pensée ou de sensation. C’est pourquoi Alain a raison dedire que la conscience est « un savoir revenant sur luimême », définissant ainsi la conscience humaine comme non seulement immédiate mais surtout réflexive. Cette réflexivité, qui indique un retour de la pensée sur elle-même, parce que l’on a conscience que l’on a conscience de x ou y, c’est-à-dire qui suppose en l’homme la capacité de se mettre à distance de lui, de se détacher de façon quasi...
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