La connaissance

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  • Publié le : 14 novembre 2011
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La connaissance est l'état de celui qui connaît ou sait quelque chose. On appelle aussi "connaissance" les choses connues elles-mêmes, mais cette seconde notion n'est pas celle qui intéresse les philosophes. De même, on appelle aussi "connaissance", par extension, les choses qui sont tenues pour des connaissances par un individu ou une société donnée; mais là aussi, les philosophes nes'intéressent pas à cette notion, sauf dans les débats concernant certaines formes de relativisme.
En philosophie, on distingue traditionnellement trois types de connaissance : -la connaissance propositionnelle est le fait de savoir qu'une certaine proposition est vraie, par exemple, "savoir que la Terre est ronde", -le savoir faire est le fait d'être capable de réussir une action, parexemple, "savoir faire des crêpes". -la connaissance objectuelle, aussi appelée acquaintance, est le fait de connaître une chose particulière, par exemple, "connaître Paris"
La définition de la connaissance propositionnelle est celle qui a le plus attiré l'attention des philosophes. Ils s'accordent généralement sur le faitqu'une connaissance est une croyance qui est vraie, mais aussi qu'elle n'est pas seulement une croyance vraie. Ils s'accordent à penser qu'il faut en outre que la croyance et la vérité (ou le fait) soit en quelque sorte connectés d'une façon appropriée, mais ils sont en désaccord sur la nature de cette connexion. Pour certains, il faut que la croyance soit certaine ou infaillible, pour d'autres,qu'elle soit justifiée, ou pourvue d'une justification non défaite, pour d'autres, qu'elle résulte d'un processus fiable, ou pour d'autres encore qu'elle ne soit pas vraie par accident. Ce sont sur ces conditions supplémentaires pour la connaissance que les débats portent.

Définition de la connaissance
La définition de la connaissance est encore objet de débat chez les philosophes. La définitiontraditionnelle, comme croyance vraie et justifiée, est jugée insuffisante ou inadéquate depuis les contre-exemples formulés par le philosophe américain Edmund Gettier10. Plusieurs compléments à la définition traditionnelle, ou même de nouvelles définitions, ont été proposés depuis, mais aucun n'a réussi à s'imposer. Certains philosophes soutiennent que la notion n'est pas définissable. Cela dit,un certain nombre de points d'accord existent: que la connaissance propositionnelle soit au moins une croyance vraie et non-accidentelle et/ou justifiée.
La connaissance comme croyance vraie et justifiée
Dans le "Théétète" (Le Théétète est un dialogue de Platon dans lequel Socrate discute avec le jeune Théétète d'Athènes, mathématicien contemporain de Platon et disciple de Théodore de Cyrène,de la définition de la science.) de Platon, la connaissance est définie comme une "opinion droite pourvue de raison" (201d)11. Les exégètes de Platon ne s'accordent pas tous sur le fait de savoir si Platon adoptait lui-même cette définition ou non12. Quoi qu'il en soit, elle a été retenue par une certaine tradition philosophique ultérieure. Aujourd'hui, on lui préfère souvent l'expression"croyance vraie justifiée".
Platon argumente en faveur de cette définition en montrant qu'une croyance vraie ("opinion droite") n'est pas forcément une connaissance. Il donne l'exemple de la plaidoirie mensongère (Théétète, 200a-201d). Supposons qu'un avocat arrive à persuader les jurés que son client est innocent en utilisant de très mauvais arguments et des mensonges: il se peut néanmoins que sonclient soit véritablement innocent. Si c'est le cas, les jurés ont une opinion ou croyance (ils croient que l'accusé est innocent), et cette croyance est vraie. Pourtant, ils ne savent pas que l'accusé est innocent, parce qu'ils auraient pu être trompés par l'avocat. On peut ajouter un autre exemple: si vous tirez à pile ou face pour deviner s'il pleuvra demain, alors peut-être que vous tomberez...
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