La conscience de ce que nous sommes peut-elle faire obstacle à notre bonheur ?

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  • Publié le : 19 novembre 2011
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Dissertation : « La conscience de ce que nous sommes peut-elle faire obstacle à notre bonheur ? »

D'après Descartes, la conscience est la connaissance de ses pensées, de ses actes, de ses sentiments. Aussi, elle s'oppose à l'illusion et à l'ignorance de soi, et permet à l'homme de mieux se connaître par le biais d'un retour sur lui-même, une analyse et un jugement. La conscience est donc unequalité qu'à l'homme. Pascal écrit d'ailleurs dans ses Pensées que « l'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant ». Cette conscience sert aussi à connaître le bonheur. Celui-ci se définit en tant qu'état durable de satisfaction, lorsque tous les désirs sont comblés. Il peut faire l'objet d'une quête et est donc un but à atteindre, un idéal. Cependant, ilpeut aussi être accepté avec la nature, dans le cas où l'homme se satisfait de ce qu'il a, de ce qu'il est, et ne cherche pas à avoir plus. La connaissance, la conscience empêchent-elles l'homme de voir ses désirs comblés et d'être heureux ? La conscience fait-elle que nous sommes malheureux ? Et que serait un bonheur sans conscience ? En quoi la connaissance est-elle donc utile au bonheur ?

Eneffet, on peut se demander si la conscience entraine l'état de malheur? D'abord elle fait obstacle à notre bonheur en cela que l'on a connaissance de nos erreurs. Cette connaissance de nos erreurs se manifeste par la mauvaise conscience. La mauvaise conscience comprend les troubles, les remors, parfois même la culpabilité, que la conscience ressent après une mauvaise action. Selon Nietzsche, lamauvaise conscience opère une influence négative sur les forces positives, qui elles peuvent conduire au bonheur. Ainsi, la mauvaise conscience peut prendre le pas sur une conscience positive qui motive l'homme à trouver le bonheur, et peut donc le rendre malheureux.
Ensuite, la conscience de ce que nous sommes interfère dans l'état de bonheur dans la mesure où elle suppose que l'homme a aussiconnaissance de sa condition, condition commune à tous. Cette conscience collective implique que l'on a connaissance de nos limites, de la mort, et d'autres points négatifd identiques pour tous les êtres humains. Cette condition est décrite par Pascal comme une « condition misérable » : il explique que la pensée de l'homme est entravée par des éléments extérieurs tels que l'illusion, les sens... Laraison, la conscience, délivrent ainsi des illusions et expose à l'homme ses faiblesses, ses failles, et refusent le bonheur.
De même, le fait que la conscience de ce qu'il est soit omniprésente empêche l'homme d'accéder au bonheur. Le bonheur suppose l'absence de tristesse, l'insonscience des souffrances d'autrui, de la mort, et donc une vision idéalisée de l'existence. La conscience constituedonc une contradiction du bonheur puisqu'elle implique que l'homme a une sensibilité, et donc se préoccupe de tout. L'homme est donc prisonnier de lui-même puisqu'il ne peut échapper à la connaissance qu'il a de son malheur ou de celui qu'il provoque chez autrui. Ainsi, la conscience de l'homme entrave l'accès à son bonheur.

Néanmoins, la conscience n'est pas obligatoire pour trouver lasatisfaction. Elle peut conduire à une autre forme de bien-être qui n'est pas le bonheur.
En effet, sans conscience le bonheur ne serait qu'une illusion rétrospective. La conscience du bonheur lui-même est obligatoire pour ne pas tomber dans la naïveté de l'enfant, l'émerveillement et donc le plaisir seul. Le bonheur se différencie du plaisir. Alors que le bonheur est un état de satisfaction durable, leplaisir est un bien-être superficiel. Ce plaisir superficiel nous aveugle mais la réalité finit par nous rattraper par le biais d'une prise de conscience, telle que la mort, qui brise l'illusion du bonheur. Cette illusion refuse la vraie réalité au profit d'une réalité autre mais qui ne nécessite nullement la conscience.
En outre, d'après Kant, il est impossible de définir le bonheur : « il est...
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