La conscience de soi est-elle la connaissance de soi?

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  • Publié le : 4 mai 2011
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La conscience de soi est-elle connaissance de soi?

La conscience chez Descartes me fait prendre conscience de ce que je suis.
Elle me fait prendre conscience que le moi n'est pas maître dans sa propre maison chez Freud. C'est l'inconscient qui est un moi en moi qui me détermine.
La conscience me fait prendre conscience des autres chez Sartre.

L'énoncé un peu vague du sujet inviteà une formulation plus précise de la ou des problématiques en jeu. On peut se demander ce qu'est la connaissance de soi en posant le problème de l'introspection, et si autrui n'est pas mieux placé que moi pour me connaître dans la mesure où ma subjectivité nuirait à l'objectivité de ma propre connaissance de moi-même. Inversement, autrui dans son objectivité peut-il réellement me connaître entant que conscience, c'est-à-dire en tant que subjectivité ? Quant à nous, nous nous bornerons à traiter ici de la question du rapport entre la conscience de soi et la connaissance de soi (problème souvent proposé au baccalauréat dans des sujets tels que : « Suis-je ce que j'ai conscience d'être », ou « La conscience immédiate de soi est-elle connaissance de soi ? »). En effet, du point de vue de laconnaissance de soi (« savoir ce que je suis »), ce qui me distingue de toute autre personne (ce qui me « place » dans une situation unique par rapport à elles), c'est que je suis le seul à être conscient de moi : seul « je » suis conscient d'être « je ». La question est ainsi de savoir dans quelle mesure la conscience de soi est connaissance de soi.

J'ai souvent le sentiment que lesautres ne me comprennent pas, ne me connaissent pas, bref qu'ils ne savent pas qui je suis. En revanche, j'ai, moi, le sentiment de savoir qui je suis, ce que je suis, puisque je suis conscient de moi. Toutefois, il peut se faire que ce que je m'imagine être diffère de ce que je suis réellement, et que je fasse donc erreur sur ce que je suis. C'est pourquoi le problème se pose de savoir si je suisvraiment le mieux placé pour savoir ce que je suis, si je suis réellement ce que j'ai conscience d'être.

Descartes, sur un plan philosophique, à l'intérieur d'une démarche qui cherche méthodiquement à découvrir une vérité, entièrement indubitable », décide de se débarrasser « une bonne fois » de tous les préjugés reçus depuis l'enfance. Dans cette perspective, il est conduit à opposer ce qu'ila conscience d'être spontanément, avant sa méditation philosophique, et ce qu'il est vraiment, dont il ne prend conscience qu'au terme de cette méditation.
La conscience spontanée de soi
Avant la réflexion philosophique, lorsque je m'appliquais à la considération de mon être, écrit Descartes, je me considérais premièrement comme ayant un visage, des mains, des bras, et toute cette machinecomposée d'os et de chair, telle qu'elle parait en un cadavre, laquelle je désignais par le nom de corps » (Méditations, Il). Cette première dimension de la conscience spontanée de moi-même comme corps, corps qui est mien, que je peux sentir, parait plus claire que la conscience spontanée de l'âme, à laquelle je rapporte mes actions et que j'imagine, poursuit Descartes, comme « quelque chosed'extrêmement rare et subtile » (Ibid.). De ces deux formes de conscience de soi se contente celui qui n'a pas encore entrepris de dépasser l'opinion que donne l'expérience générale de la vie et ses incertitudes.
Ce qu'est vraiment la conscience de soi.
Le travail par lequel Descartes se débarrasse de toute idée reçue, sa méthode philosophique, consiste en un doute volontaire, systématique etradical. Ce doute porte sur tout ce dont il est possible de douter, y compris ce dont, d'ordinaire, « on ne peut raisonnablement douter » (par exemple, que nous avons un corps). Rien n'échappe à un tel doute, sauf le doute lui-même : moi qui ai décidé de douter sans limite pour découvrir un point indubitable.
« Il n'y a donc point de doute que je suis », et que je suis ce pouvoir de douter de...
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