La conscience et la vie

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  • Publié le : 26 novembre 2011
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Bergson déclare dans un premier temps que la « conscience signifie d’abord mémoire ». Sans conscience, point de mémoire. Sans mémoire, peu de conscience : « […] mais la mémoire est là, ou bien alors la conscience n’y est pas. Une conscience qui ne conserverait rien de son passé, qui s’oublierait sans cesse elle-même, périrait et renaîtrait à chaque instant : comment définir autrementl’inconscience ? » Avec la conscience, le passé s’accumule et se conserve, le tout pour tendre vers l’avenir. Avec la mémoire, l’homme peut s’engager dans l’existence, avec le souvenir de ce qui a été pour se diriger vers ce qui sera. Le passé et le futur sont d’ailleurs pour Bergson les seuls temps qui orientent la conscience et lui permet ainsi d’être : « Sur ce passé nous sommes appuyés, sur cet avenir noussommes penchés ; s’appuyer et se pencher ainsi est le propre d’un être conscient. Disons donc, si vous voulez, que la conscience est un trait d’union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir. » Avec cette idée, on comprend que le présent n’existe pas dans le sens où il est imperceptible. Le présent est une eau qui coule, insaisissable, ou alors, comme le ditBergson, le présent est une construction théorique qui certes participe de la conscience, mais cela uniquement pour limiter les deux axes temporels, le passé et l‘avenir, qui animent tout être conscient.



Une fois déterminée une fonction de la conscience, « retenir ce qui n’est déjà plus, anticiper sur ce qui n’est pas encore », Bergson s’interroge sur le pourquoi de la conscience. Qu’est-ce quifait que des êtres soient conscients ? Il écarte d’entrée toute association entre le cerveau et la conscience qui voudrait que le premier justifie la seconde : « De même, la conscience est incontestablement liée au cerveau chez l’homme : mais il ne suit pas de là qu’un cerveau soit indispensable à la conscience. » Pour Bergson, la conscience, quelque soit son degré, son intensité, n’exige pasd’être logée dans une structure organique complexe. La conscience se retrouverait dans toute trace de vie. Sauf que la conscience peut, d’après les termes que Bergson emploie, s’évanouir ou s’endormir. Cet évanouissement ou endormissement est selon le philosophe ce qui permet de différencier les êtres vivants, entre le monde végétal, animal et humain. Mais Bergson, à propos du rapport entre laconscience et le vivant, « crois que tous les êtres vivants, plantes et animaux, la possèdent en droit ; mais beaucoup d’entre eux y renoncent en fait. » Ainsi, l’homme se différencie d’une fleur par exemple selon l’emploi qu’il fait de la conscience. Celle-ci lui permet de dépasser des automatismes physiologiques, d’aller au-delà de la nécessité, en choisissant. La conscience éveillée autorise aussi lemouvement et donc l’action. Ne plus en faire cas et c’est l’assoupissement qui nous guette, comme cela arrive parfois : « Chacun de nous a d’ailleurs pu vérifier cette loi sur lui-même. Qu’arrive-t-il quand une de nos actions cesse d’être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s’en retire. » A l’inverse : « Quels sont, d’autre part, les moments où notre conscience atteint le plus devivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous l’aurons fait ? Les variations d’intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix ou, si vous voulez, de création, que nous distribuons sur notre conduite. » La conscience estainsi comme une vague, haute et forte en cas d’attention, plate et sans remous quand les habitudes gouvernent l’action. Aussi, à l’opposé de la conscience, se trouve l’inconscience dont le résultat est une absence d’engagement, synonyme d’immobilisme. Bergson fait à ce propos un parallèle entre l’immobilisme, qui est une sorte de renoncement à choisir, et l’inanimé, qui caractérise la...
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