La conscience

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  • Publié le : 6 janvier 2014
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Bien que la Mésopotamie connaisse l'écriture depuis le dernier quart du ive millénaire, les textes des siècles suivants qui nous sont parvenus ne permettent guère de tisser ne serait-ce qu'une trame de son histoire politique avant les alentours de 2500-2400, car ils sont pour la plupart de nature administrative, parfois littéraire, mais jamais à but commémoratif ou historiographique. Lagash estle premier des territoires de Sumer dont la documentation révèle des événements, avec parcimonie pour les périodes les plus reculées, puis de façon plus généreuse pour les plus récentes. Il est ainsi possible de reconstituer les grandes lignes de son histoire politique, couvrant la seconde moitié du iiie millénaire :
Une série de rois regroupés dans la « première dynastie de Lagash » fait de ceroyaume l'un des plus puissants du pays de Sumer durant la fin de la période des dynasties archaïques (v. 2500-2340).
Lagash tombe ensuite sous la coupe des souverains d'Akkad (v. 2340-2190), qui en font le centre d'une des provinces les plus riches de leur empire.
Après la chute d'Akkad, Lagash reprend son indépendance sous sa « seconde dynastie », durant le xxiie siècle (« période néo-sumérienne»). Ce royaume semble moins puissant que celui de la période archaïque, mais son souverain le plus influent, Gudea, a laissé des œuvres d'art et des textes remarquables.
Vers la fin du xxiie siècle, Lagash est incorporée dans l'empire de la troisième dynastie d'Ur, dont elle devient l'une des principales provinces.
Après la chute de cet empire en 2004, la prospérité de Lagash semble déclinerlentement, dans le cadre d'une crise qui touche tout le pays de Sumer et conduit à l'abandon de ses principales villes. Les agglomérations du territoire de Lagash ne se relèvent jamais de cette crise, et l'occupation n'y est plus que sporadique durant les périodes suivantes.
Lagash à l'époque archaïque[modifier | modifier le code]
Articles connexes : Période des dynasties archaïques et Conflitsentre Lagash et Umma.
Sources[modifier | modifier le code]


Un des cônes d'Urukagina, texte de propagande royale rapportant ses « réformes », musée du Louvre.
Les inscriptions des rois de Lagash1 et les archives des institutions de cette région2 couvrent avec de plus en plus de régularité la période suivant la fin du xxvie siècle. Pour cette époque, le dynastique archaïque III B (v.2500-2340), Lagash est l'un des royaumes les plus puissants de Basse-Mésopotamie, alors que les cités anciennement les plus importantes, comme Kish et Uruk, entrent dans une phase de déclin, et que d'autres comme sa voisine et rivale Umma connaissent concomitamment un essor3. Il faut toutefois prendre garde aux sources produites par l'entourage du roi, aussi bien artistiques qu'épigraphiques (les deuxpouvant être associées comme sur la Stèle des vautours d'E-anatum). En dépit des qualités historiographiques de certaines d'entre elles (cônes d'En-metena et d'Urukagina) elles sont toujours biaisées et présentent l'histoire dans le sens des souverains de Lagash, alors que de telles sources ne sont pas disponibles pour les autres royaumes contemporains. Pour les derniers règnes, les sourcesadministratives sont très abondantes, offrant parfois des informations sur la situation politique de Lagash, mais plus souvent sur son économie et sa société.
En revanche, les documents postérieurs issus de l'historiographie mésopotamienne sont inadaptés pour reconstruire l'histoire de Lagash : la Liste royale sumérienne et les autres textes relatifs aux rois de la période archaïque n'évoquent pas lessouverains de ce royaume. Malgré leur puissance, ils ont été mis de côté et oubliés par la tradition postérieure qui a privilégié d'autres royaumes (Kish, Uruk et Ur)4. C'est sans doute en réaction à cette exclusion qu'un ou plusieurs scribes de Lagash ont rédigé durant la période paléo-babylonienne une Liste royale de Lagash centrée sur les rois locaux, variante sans doute un brin parodique de la...
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