La controverse de valladolid

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  • Publié le : 10 octobre 2010
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La Controverse de Valladolid

La période coloniale a soulevé de nombreuses questions, notamment sur l’humanité des Indiens. Dans La Controverse de Valladolid, publiée en 1992, Jean-Claude Carrière présente le débat qui a eu lieu vers 1550 entre le dominicain Las Casas et le philosophe Séulvéda. Ce face-à-face avait pour but de répondre à la question : "Les Indiens ont-ils une âme ?", lecardinal étant le juge de cette confrontation. Comment l’auteur présente-t-il l’argumentation des deux partis ? Nous étudierons tout d’abord les arguments et la stratégie de Sépulvéda, puis de Las Casas, pour ensuite remettre en question la neutralité du débat.

La thèse de Sépulvéda est clairement annoncée dès le début du texte. Il soutient que "les habitants du Nouveau Monde sont des esclaves parnature". Pour démontrer cela, le philosophe utilise de nombreux éléments caractéristiques de l’argumentation. Il emploie en effet des connecteurs logiques ("D’abord, en revanche") afin de structurer sa pensée. Aussi, il se base sur une préparation impressionnante ("tout un dossier"), et utilise des arguments d’autorité ("la description d’Aristote"), peut-être dans le but d’impressionner sesinterlocuteurs. Enfin, la prétérition sur les "sacrifices humains", éveille l’attention du lecteur, ce qui démontre encore les prétendues qualités d’orateur de Sépulvéda.
A moyen de toutes ces techniques, le penseur donne une vision négative des Indiens à travers un rapprochement avec les civilisations européennes. Il commence part décrire les Indiens eux-même comme ignorants ("ignorent l’usage dumétal"), et "incapables de toute initiative". Sépulvéda use également du champ lexical de l’animal ("bêtes, animaux, sauvagerie") et d’adjectifs péjoratifs ("détestable, affreuses, haïssable, offensante") afin de critiquer leur culture et leurs traditions. Il recoupe d’ailleurs celles-ci avec les valeurs typiquement européennes comme les "armes", les "vêtements" et "l’argent", afin de montrer totaleincompréhension des Indiens de l’étiquette civilisée. Enfin, la mention de "Dieu", de la religion, qui prohibe les sacrifices humains, alors pratiqués par les Indiens, contribue à illustrer ses propos.
Sépulvéda semble donc avoir une argumentation qui se tient et illustrée de nombreux exemples. Cependant, au fil du texte, il devient évident qu’il n’est pas réellement impliqué dans le débat dufait de ses idées somme toute sans profondeur. Tout d’abord, la portée de ses arguments se fait surtout dans des domaines superficiels comme l’apparence ("se peignent grossièrement le corps"), ou les moeurs amoureuses ("changent très fréquemment de femmes"). Ensuite, le pronom indéfini "on" est souvent employé, ce qui signifie que Sépulvéda n'a jamais réellement rencontré un Indien, et ne fait doncque rapporter des faits qu'il a entendus et dont la véracité est à discuter.

Nous venons de voir la stratégie argumentative de Sépulvéda. Voyons à présent celle de son opposant, Las Casas. Celui-ci fait en réalité la contre argumentation de son adversaire et souhaite défendre les Indiens. En effet, il n'apporte pas réellement d'argument nouveau, mais critique ceux de Sépulvéda. Le dominicaincompare tout d'abord le premier argument de Sépulvéda à "une vieille chanson", ce qui indique son désaccord. Il s'insurge et dit clairement que "Nous ne pouvons pas retenir cet argument!". Il nuance aussi les propos du philosophe grâce à la concession ("certains d'entre eux, oui sans doute"). Las Casas remet également en cause son concurrent avec la question "Y avez-vous goûté?", qui dénigre toutsimplement Sépulvéda qui ne sait que répondre platement comme nous pouvons le voir à la ponctuation "…".
La stratégie de Las Casas ne consiste pas uniquement à réfuter celle de Sépulvéda. Il apporte une "argumentation nouvelle" en apportant une vision négative des civilisation européennes. Ainsi, le complément circonstanciel de temps "De tout temps" cache une critique de la personnalité même de...
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