La credibilite politique du geant chinois : frein ou anecdote a la reconnaissance d’un leader mondial ?

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  • Publié le : 21 mai 2011
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MARS 2011

LA CREDIBILITE POLITIQUE DU GEANT CHINOIS : FREIN OU ANECDOTE A LA RECONNAISSANCE D’UN LEADER MONDIAL ?



Au début du 19e siècle, Napoléon aurait prédit « quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera ». Aujourd’hui, la prophétie semble se réaliser, la Chine faisant trembler la scène internationale en tant que deuxième puissance mondiale passant en 2010 devant l’ancien leaderasiatique ; le Japon, et le premier pays exportateur prenant la place de l’Allemagne. L’attention du public et des hommes politiques s’est ainsi recentrée ces dernières années et ces derniers mois sur cette nouvelle puissance économique et militaire qu’est devenu l’Empire du Milieu en l’espace de trente ans.
En Chine, chacun veut faire du pays les nouveaux Etats-Unis. Le pouvoir cherche lapuissance qui permet de dominer le monde. Et la population aspire à la jouissance que procure la société de consommation. Car c'est bien à l'aune de Washington que la Chine, et d'abord les autorités, mesure ses ambitions. Superpuissance en devenir, la Chine entend à terme contester l’hégémonie américaine et peser sur l’ordre mondial dans un dialogue d’égal à égal, sinon une confrontation, avec lesEtats-Unis. Malgré la déclaration de Deng Xiaoping devant l’assemblée générale des Nations Unies en 1974 ; « La Chine n’est pas une superpuissance et jamais elle ne cherchera à le devenir », c’est bien les Etats-Unis comme objectif final que pointe la boussole chinoise.
Le Parti Communiste chinois sait que sa légitimité et donc sa survie dépendent de deux facteurs, dont le premier conditionne lesecond ; la poursuite d’une forte croissance économique et l’affirmation de la puissance chinoise, en Asie et dans le monde. C’est une vision globale et non régionale du monde qui l’habite. Cette logique était déjà celle rêvée par Mao dès 1958, lors du Grand Bond en avant : « Rattraper les Etats-Unis en quinze ans ». Ce rêve ne se réalisera sans doute que vers 2030 pour le volume du PIB. L'actuelprésident chinois, Hu Jintao, était arrivé à la tête du pays en 2003 avec un programme de réduction des inégalités et de développement du marché intérieur. Il succédait à l'équipe de Jiang Zemin, qui avait privilégié le développement des zones côtières et des industries d'exportation, creusant des écarts spectaculaires entre l'est et l'ouest du pays et aiguisant les tensions internes entre riches etpauvres, villes et campagnes. Mais si les élites actuelles du régime sont conscientes de la nécessité de réorienter le développement chinois, il leur est très difficile de passer à l'acte. En tout cas sans perdre le contrôle de la situation, ce qui reste la préoccupation centrale du Parti communiste chinois.
En effet, la critique – sévère - du régime de croissance chinois n’est pas le fait desopposants au Parti Communiste mais du Vice- Premier Ministre Li Keqiang - pressenti pour succéder en 2012 à Wen Jiabao au poste de Premier ministre - qui parle de la Chine comme d’une « structure économique irrationnelle », d’un développement « incohérent et insoutenable », d’une « économie appelée à devenir de plus en plus instable ».
La Chine n'accumule pas seulement les performanceséconomiques, elle dépasse désormais les Etats-Unis pour ce qui est des rejets de CO2 dans l'atmosphère, avec 22 % du total mondial. Aux déséquilibres écologiques, exacerbés par un développement économique fulgurant, s'ajoutent des déséquilibres sociaux croissants. Bien que la pauvreté soit en forte régression, 150 millions de Chinois vivent encore avec moins de 2 dollars par jour. Surtout, les inégalitésde revenus prennent au pays du " socialisme à la chinoise " des allures de plus en plus latino-américaines. Selon les données de la Banque mondiale, les 20 % de la population chinoise disposant des revenus les plus élevés percevaient 48 % du revenu national au milieu des années 2000, contre 6 % pour les 20 % les plus défavorisés. Le coefficient de Gini, qui présente une mesure synthétique des...
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