La crise de l'etat providence

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  • Publié le : 5 décembre 2010
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La crise de l’Etat-providence a-t-elle un impact sur la cohésion sociale ?
C’est après la Seconde Guerre mondiale que l’intervention de l’Etat dans les affaires économiques s’impose comme modèle. Il devient alors légitime que l’Etat assure le bien-être et la sécurité des citoyens notamment par la mise en place d’un système de protection sociale. C’est ainsi que naît l’Etat providence.Malheureusement, cinquante ans plus tard, l’accroissement des inégalités et l’exclusion minent les sociétés démocratiques.
L’expression de « crise de l’Etat providence » a été utilisée pour la première fois par l’historien et théoricien politique Pierre Rosanvallon qui en a fait le titre d’un de ses ouvrages en 1981. Selon lui, cette crise se manifeste par le déficit du financement de la protectionsociale, par l’augmentation des prélèvements obligatoires et par l’incapacité du système à enrayer la montée de la pauvreté. Il y aurait donc pas une seule crise mais trois : légitimité, efficacité, adaptation.
L’Etat-providence désigne les formes d’intervention de l’Etat dans toutes les sphères de l’économie et de la société dans un souci de bien-être collectif. En proie à de sérieuses difficultésfinancières, il est critiqué par les partisans d’un Etat gendarme n’assurant que des fonctions régaliennes (assurer la sécurité extérieur, intérieur, définir le droit et rendre la justice, détenir la souveraineté économique et financière).
La crise de l’Etat-providence a-t-elle un impact sur la cohésion sociale ?
Il est important pour définir cet impact de connaître quelles sont les racines de lacohésion sociale ainsi que d’observer l’apparente perte d’efficacité de l’Etat providence vis-à-vis de cette dernière.
I Les racines de la cohésion sociale
(I-A) L’expression "État-providence" a été employée pour la première fois dans un sens péjoratif par le député Emile Ollivier en 1864, afin de dévaloriser la solidarité nationale organisée par l’État par rapport aux solidaritésprofessionnelles traditionnelles. En effet, le développement économique et l’évolution des rapports sociaux conduisent l’État à remplir une fonction de régulateur social de plus en plus importante. Certains craignent alors que la solidarité nationale n’empiète sur les solidarités traditionnelles (familles, communautés...). Ce n’est donc qu’à la fin du XIXème siècle que se substituent dans certains pays d’Europeles premiers systèmes d’assurance sociale (protéger les salariés contre les risques liés à la vieillesse, à la maladie ou aux accidents du travail) aux anciens systèmes fondés sur l’assistance. En France, l’État s’est longtemps limité à ce rôle d’assistance, jusqu’au début du XXème siècle, la bienfaisance publique a remplacé la charité de l’Eglise chrétienne, mais demeure réservée aux personnesdans l’incapacité de travailler (enfants, vieillards et infirmes). La protection des travailleurs repose sur la prévoyance individuelle, ou sur une protection collective d’initiative privée (mutuelles de salariés, institutions patronales).
Dans le même temps, aux États-Unis, le président Roosevelt fait adopter en août 1935 le "Social security act", qui prévoit l’instauration d’un système depension pour les travailleurs âgés de plus de 65 ans. De plus, une deuxième conception de l’État-providence fait son apparition en Angleterre avec le rapport de Lord William Beveridge intitulé "Social Insurance and Allied Services"(1942). Ce document développe la notion de Welfare State. Il rejette le système d’assurances sociales réservées aux seuls travailleurs et le principe d’une assistance limitéeaux plus démunis, puis introduit l’idée d’une protection universelle de tous les citoyens financée par l’impôt.
Le système français de Sécurité sociale initié par le juriste Pierre Laroque en 1945 s’inspire de ces deux conceptions : il conserve la logique d’un système d’assurance, financé par des cotisations des travailleurs, mais vise à la mise en place d’un système généralisé, centralisé et...
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