La crise financiere

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  • Publié le : 4 décembre 2009
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LA CRISE FINANCIERE ET SON IMPACT SUR NOS ECONOMIES
« Lorsque dans un pays le développement du capital devient le sous-produit de l’activité d’un casino, il risque de s’accomplir dans des conditions défectueuses. » John Maynard Keynes

1 - Comment la crise des « subprime » a-t-elle commencé ?
La crise actuelle a débuté avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à faiblerevenu pour rembourser les crédits qui leur avaient été consentis pour l’achat de leur logement. Ces crédits étaient destinés à des emprunteurs qui ne présentaient pas les garanties suffisantes pour bénéficier des taux d’intérêt préférentiels (en anglais « prime rate »), mais seulement à des taux moins préférentiels («subprime»).

L’endettement des ménages américains a pu s’appuyer sur :
•les tauxd’intérêt extrêmement bas pratiqués pendant des années par la Banque centrale des Etats-Unis (la « FED ») à partir de 2001 après la crise boursière sur les valeurs « internet ». •En outre, les crédits étaient rechargeables, c’est-à-dire que régulièrement, on prenait en compte la hausse de la valeur du bien, et on autorisait l’emprunteur à se ré-endetter du montant de la progression de la valeur deson patrimoine.

Cela a soutenu la forte croissance des Etats-Unis depuis cette période jusqu’à tout récemment. Les crédits «subprime» ont été gagés par une hypothèque sur le logement acheté, l’idée étant que les prix de l’immobilier ne pouvaient que grimper. Dans ces conditions, une défaillance de l’emprunteur devait être plus que compensée par la vente du bien hypothéqué. Autrecaractéristique, ces crédits ont été souvent accordés avec des taux variables. Plus précisément, les charges financières de remboursement étaient au démarrage très allégées pour attirer l’emprunteur. Elles augmentaient au bout de 2 ou 3 ans et le taux d’emprunt était indexé sur le taux directeur de la FED. Nous retiendrons donc que pour qu’un tel montage fonctionne bien il faut que deux conditions soientsimultanément satisfaites : d’une part des taux d’intérêt toujours bas, d’autre part le prix de l’immobilier toujours à la hausse.

Mais ce qui s’est passé c’est que :
1- La Banque Centrale a progressivement relevé ses taux de 1 % en 2004 à plus de 5 % en 2006 pour tenir compte de l’évolution de l’inflation et de la croissance américaine. Les charges financières des emprunts se sont considérablementalourdies. Un nombre croissant de ménages n’a pu faire face. 2- Les arbres ne sont pas montés jusqu’au ciel, comme on le dit dans notre milieu et les prix de l’immobilier ont fini par se retourner et aller à la baisse aux des Etats-Unis. Résultat : la valeur des habitations est devenue inférieure à la valeur des crédits qu’elles étaient supposées garantir. L’afflux des défaillances desemprunteurs et la revente quasi-systématique de leurs maisons hypothéquées ont accéléré la baisse des prix de l’immobilier. Les pertes se sont donc accumulées également du côté des prêteurs. Des établissements de crédit spécialisés dans l’immobilier se sont, les premiers, retrouvés en difficulté. On estimait, fin août 2007, que près d’1 million d’emprunteurs avaient perdu leur logement. Cela pourraitconcerner en fin de compte quelque 3 millions de ménages américains.

Il s’agit là d’une crise immobilière.

2 - Comment s’est-elle diffusée ? D’une crise immobilière comment en est-on arrivé à une crise financière ? c’est la titrisation qui permet de comprendre pourquoi et comment la contagion aux marchés financiers s’est opérée. La titrisation consiste à transformer des crédits distribués par unebanque en titres de créances (obligations) qu’un investisseur peut acheter et vendre à tout moment. On dit que ces obligations sont adossées à un portefeuille d’actifs.

Les banques émettrices des crédits créent des sociétés intermédiaires dans lesquelles ces crédits constituent les actifs et qui émettent en contrepartie des obligations qui constituent le passif. Les intérêts et les...
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