La crise grecque

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  • Publié le : 18 mai 2010
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Grèce

Enfin on y est. La Grèce a crié à l'aide. La Commission européenne a répondu présent. Le Fonds monétaire international (FMI) a promis d'agir "rapidement". Des fonds seront débloqués, c'est une question de "quelques jours" a assuré le grand argentier grec Georges Papaconstantinou. Il suffit de regarder les taux grecs : vendredi 23 avril, Athènes se voyait toujours réclamer un rendementde 8,6 % pour ses emprunts d'Etats à 10 ans, soit plus de 5 points de pourcentage de plus que l'Allemagne. Le taux flirte même avec les 10 % pour ses obligations à deux ans."On entend dire que les prêts de 45 milliards d'euros promis à la Grèce couvrent le risque pour cette année, mais ne règlent pas le problème à plus long terme", explique Jean-Louis Mourier, analyste chez Aurel BGC
L'hypothèsea été évoquée jeudi 23 avril par la banque Goldman Sachs. "Un paquet d'aides combiné avec une renégociation volontaire de la dette fournirait au gouvernement de l'oxygène pendant bien plus longtemps pour entreprendre les réformes nécessaires", a estimé dans une note Erik Nielsen, chef économiste Europe de Goldman. Et de conclure : "C'est probablement le meilleur scénario."Ces contrats destinés àprotéger un émetteur contre le défaut d'un Etat, la Grèce apparaît désormais comme l'un des pays les plus risqués au monde. Devant l'Ukraine, la Roumanie, Dubaï ou l'Islande...

Selon Jean-François Robin, stratège chez Natixis, "les marchés parient sur un défaut de paiement de la Grèce, un peu à la façon de l'Argentine en 2001". Athènes a exclu cette option. Mais pour faire taire la rumeur, "ilfaut de bonnes nouvelles alors que cette semaine nous a plutôt servi un cocktail qui fait mal à la tête", décrit M. Robin. Dans l'ordre : une révision à la hausse du déficit grec en 2009 (de 12,7 % à 13,6 %) par Eurostat, une révision à la baisse de la note de la dette souveraine grecque (de "A2" à "A3") par l'agence Moody's, et dans les deux cas la probabilité annoncée d'une nouvelledégradation.
Reste un espoir pour briser la spirale infernale : la solidarité européenne. Mais, au moment d'activer le plan de soutien, la cacophonie menace une nouvelle fois de l'emporter. L'Allemagne, encore et toujours, traîne les pieds. La chancelière Angela Merkel a précisé qu'il n'était "pas possible aujourd'hui de livrer des informations sur la nature ou le montant de l'aide". Tiens donc. Lemécanisme, a-t-elle répété, sera déclenché seulement si "la stabilité de la zone euro dans son ensemble" est menacée. L'euro, d'ailleurs, tâtonne, à 1,3289 dollar.

Si tout échoue, si la Grèce ne s'en sort plus, "une dernière issue est possible, spécule Marc Touati, directeur de la société de Bourse Global Equities, le retour de la drachme, avec forte dévaluation à la clé, augmentation de l'inflation,donc remboursement de la dette publique en monnaie de singe et redémarrage progressif de la croissance". Tout un programme.

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La Grèce a finalement demandé, vendredi 23 avril, l'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international pour faire face à sa dette qui s'élève à près de 300 milliards d'euros (125 % de son produit intérieur brut). Si le plan d'aide est activé rapidement,le risque de défaut de paiement, c'est-à-dire l'incapacité de la Grèce à honorer sa dette, serait évité, au moins à court terme. Entretien avec François Koulischer, chercheur à l'Université libre de Bruxelles.

Que signifierait pour la Grèce "être en faillite" ?

Les Etats émettent des obligations et s'engagent à les rembourser. Une faillite, c'est donc quand l'Etat ne peut plus honorer sesengagements. Concrètement, les banques et les créanciers voient la valeur de leurs obligations chuter. L'Etat perd donc sa crédibilité sur les marchés et ne peut plus emprunter pendant une longue période. Il est dès lors obligé de s'appuyer sur ses recettes ou sur des aides extraordinaires pour financer ses dépenses. Ensuite, cela entraîne généralement une crise au niveau du secteur privé : les...
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