La crise politique de 1358

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  • Publié le : 19 novembre 2011
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Le roi doit vivre du sien et pour cela, il dispose de deux moyens : la mutation de la monnaie qui lui permet d’engranger des bénéfices à chaque nouvelle frappe et l’impôt, quoi que plus délicat en vertu du « Quod omnes tangit » mais l’impôt, pour les représentants des EG vaut toujours mieux que la mutation.
La réformation du royaume : il y a une volonté croissante de réformer le royaume àmesure que s’affirme le pourvoir royal, à partir des ordonnances de 1254 et 1302. Les EG ont ébauché un programme qui privilégie la qualité à la quantité des officiers royaux, une bonne monnaie et un impôt contrôlé. 3 courants se dessinent dans cette volonté de réformation : la noblesse et le clergé, principalement ceux du Nord et Nord-Est qui recherchent la défense de leurs privilèges menacés par lezèle des agents royaux. Leurs revenus sont affectés par l’impôt et par la dévaluation de la monnaie ; les bourgeois des villes, les commerçants notamment qui font fonctionner les grandes places comme Paris et qui se reconnaissent dans l’action d’Etienne Marcel. Ils sont garants d’une paix et d’un certain ordre. Mais il n’y règne pas forcément une unanimité car les grandes familles des Financess’enrichissent et se rapprochent de la noblesse ; le courant navarrais mené par Charles le Mauvais qui est un mix des deux. Le De moneta de Nicolas Oresme affirme que la monnaie appartient à la communauté du royaume et non au roi seul.
Une monarchie contrôlée : après la bataille de Poitiers où Jean le Bon est fait prisonnier et c’est son fil, le dauphin Charles âge dé 18 ans et inexpérimenté quiprend les rênes du gouvernement. A mesure des batailles perdues par l’armée essentiellement composée par la noblesse, la population commence à l’accuser d’incompétence et s’en défie. Le dauphin convoque alors les Etats du Languedoïl (dont il se serait volontiers passé en raison de la forte critique de sa politique) qui se tiennent le 17 octobre 1356 : les élus devraient établir l’assiette del’imposition et neuf généraux seraient chargés du paiement des troupes. Décision qui se solde par un échec pratique. En parallèle, Robert le Coq, évêque de Laon et proche de Charles de Navarre emprisonné par Jean le Bon le 5 avril 1356, réclame sa libération.
Le 26 juillet 1356 : après une mutation de la monnaie, les français protestent, aucune entente n’est possible. Etienne Marcel, prévôt des marchandsde Paris, soulève le peuple à l’hiver toujours contre la dernière mutation de la monnaie. Grève générale à Paris. Le dauphin décide d’ajourner les Etats qui se réunissent à nouveau le 3 mars 1357 où Robert le Coq prononce son discours contre les abus, les gaspillages et les aliénations du domaine royal ; il réclame une stabilité de la monnaie et la révocation de 22 conseillers ainsi que lanomination d’enquêteurs-réformateurs dans les baillages et les sénéchaussées, le contrôle de l’impôt de son assiette à son utilisation. Et en échange de tout cela, les EG accordent 30 000 subsides. L’empereur Charles IV, oncle du dauphin, lui conseille de s’entendre avec Etienne Marcel. De plus, le dauphin sans appui et sans argent ne peut qu’aller dans cette voie. Il cède ainsi et accepte le programmele 3 mars 1357, accepte certaines exigences et retire la « mauvaise monnaie ». Les exigences des EG se convertissent en lois dans la grande ordonnance de 1357. Quelques réformateurs entrent au Conseil : Robert le Coq, Jean de Craon, les frères Melun et participent ainsi à l’assainissement financier : réduction du personnel de la Chambre des Comptes, limitation du nombre des magistrats au Parlement.Ils veillent à la bonne utilisation de l’impôt qu’ils ont eux-mêmes consentis : le dauphin se retrouve démuni sans pouvoir contrôler les états.
Réforme ou révolution ? Multiplication des obstacles : mauvaise volonté des officiers royaux et l’opinion qui ne retient que l’idée de fiscalité. Le 7 novembre 1357 : les EG se réunissent et la crise se complique avec l’évasion de Charles de...
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