La croissance est-elle naturelle?

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  • Publié le : 24 avril 2010
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Introduction :

A l’aube du Second millénaire, les Etats-Unis battaient une fois de plus un nouveau record : celui de la plus longue croissance ininterrompue de l’histoire américaine puisque la dernière période de récession remontait à mars 1991. Aujourd’hui encore les États-Unis continuent leur envolée tandis que l’Europe tente d’attraper ce « train de croissance » .Effectivement, que cesoient les pays de l’OCDE, les pays émergents ou les pays en développement, tous affichent des objectifs de croissance à un point tel qui ferait dire au Général de Gaulle « ».Pourtant, la croissance entendue comme « l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels . » est un phénomène récent puisqueles mouvements de croissance ont été perceptibles seulement à partir de la Révolution industrielle. Quel est donc l’élément qui fit basculer la croissance d’un phénomène secondaire à un phénomène de premier ordre, catalyseur de toutes les angoisses d’une Nation ? Point charnière de l’histoire économique de l’Europe, la révolution industrielle du XIXème siècle correspond à la naissance de l’économiede marché. Aussi s’accorde t-on à penser que de la mise en place du marché est née la croissance. En effet, pour les libéraux, le fonctionnement du marché correspond à un ordre naturel duquel découlerait le phénomène de croissance. On retrouve là l’optimisme libéral qui croit volontiers à des « harmonies économiques » telle celle de la croissance comme résultante du jeu de mécanismes économiquesnaturels. Cependant, les successions de crises comme celle de 1873 dont l’ampleur fit craindre un effondrement du système, eurent tôt fait de mettre à mal cette idée et nous amènent à nous interroger sur l’existence d’une croissance spontanée. Dans un premier temps, nous nous emploierons à montrer jusqu'à quel point la croissance peut être un ordre naturel spontané ou intrinsèque à la formation detoute société organisée, pour ensuite mettre en évidence le fait que la croissance est une « machine » dont les rouages doivent être entretenus.

I°) La croissance, un phénomène théoriquement auto-entretenu. Le caractère naturel de la croissance est l’objet de nombreuses controverses et cristallise en quelque sorte l’éternelle opposition entre partisans et détracteurs du « toutmarché ».Toutefois, la possibilité d’une croissance naturelle peut revêtre une toute autre dimension dans la mesure où l’acception du caractère naturel peut vouloir signifier que les déterminants à la source de la croissance seraient intrinsèques à toute forme d' économie. Depuis plus d’une décennie les pays occidentaux s’étonnent de l’explosion économique du colosse chinois dont la croissance économique avoisineles 9% chaque année. Une question subsiste alors : d’où vient cette croissance économique ? Longtemps l’extraordinaire envolée chinoise fut attribuée au fait que le pays est un vivier de main d’œuvre avec ses milliards d’habitants. On retrouve là les théories du courant nataliste qui croit au dynamisme de la relation entre croissance démographique et croissance économique. En effet, pour EsterBoserup, économiste et historienne américaine, la relation population/économie est inverse de celle développé par Malthus et c’est pourquoi la population n’est pas déterminée par la richesse mais au contraire elle la déterminerait grâce à la pression créatrice qu’elle génère. L’Inde informatique, comme on se plaît aujourd’hui à l’appeler en raison des millions d’informaticiens qu’elle crée, en estle formidable exemple. Bien qu'empiriquement valable au regard des situations chinoises et indiennes, les thèses natalistes ne sont que des thèses au cas par cas car les pays africains échappent invariablement à cette tendance et confirment au contraire les thèses néo-malthusiennes cristallisées dans l’ouvrage apocalyptique de Paul Ehrlich « The population Bomb » : la croissance démographique...
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