La croissance est-elle sans fin

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 16 (3828 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 28 février 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Corrigé devoir n°3 La croissance est-elle sans fin ?

Introduction : Au milieu du XXème siècle, les pays développés se sont donnés une représentation économique simple en projetant aussi bien l’infinie diversité des biens et de services que la plupart des rapports sociaux dans le miroir de la production. Ayant bâti des systèmes de comptabiliténationale, ils ont pu résumer leur performance économique globale en un seul chiffre, le PIB, et mesurer sa croissance annuelle. Celle-ci est devenue l’indicateur fétiche d’une finalité suprême, d’un état du monde, selon la vision des pays les plus riches qui ne doutaient d’ailleurs pas que cette vision devait être partagée par tous.
Si le miroir n’a pas disparu, il semble s’être brouillé depuisquelques décennies. Quelques années avant le déclenchement de la crise des années 1970, la croissance a été contestée comme finalité en soi par une fraction des jeunes générations des pays les plus favorisés («on ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance») et sa possibilité même mise en cause dans le rapport fameux issu des travaux du Club de Rome, intitulé The limits to growth » (Halte à lacroissance ? dans sa traduction française). Dans quelle mesure peut-on encore évoquer aujourd’hui la fin de la croissance économique ? Les moteurs de la croissance sont-ils aussi pérennes que le laissent entendre les «nouvelles théories de la croissance» ?La notion de «croissance soutenable» n’est-elle pas l’ultime avatar des thèmes défendus dans le «Livre des limites» de 1972?La croissanceinfinie est-elle toujours relié au progrès du bien-être?
Il apparaît qu’au moment même où l’analyse économique semble pouvoir remettre en cause l’épuisement du processus de croissance tant craint par les classiques (I), les contraintes naturelles rendent insoutenables les rythmes de croissance observés et leur généralisation à l’échelle planétaire (II). Le divorce entre croissance et progression dubien être dans les pays développés montre justement à propos qu’elle ne peut plus être une fin en soi (III)

I) La croissance économique semble avoir levé l’obstacle des rendements décroissants qui pesait sur sa perennité

A) Le processus de croissance a longtemps semblé contraint par la présence de rendements décroissants

1) Les économistes classiques anticipaient la survenue d’un étatstationnaire, du fait de la rareté du facteur fixe qu’est la terre. Marx et Schumpeter doutaient eux de la poursuite de la croissance dans un cadre capitaliste.
2) Le modèle de Solow (1956) laisse un pronostic ambigu sur le phénomène. Sans moteur externe, l’épuisement de la composante endogène de la croissance, l’accumulation du capital, conduit à un état semi-stationnaire (toutes les variablescroissent au même rythme, celui du facteur rare, le travail alors que les variables par tête –capital et produit par tête- s’arrêtent de croître. L’état est donc bien stationnaire pour le capital par tête et donc le produit par tête). Seul, le progrès technique, agissant comme un multiplicateur de travail, permet la prolongation de la hausse du produit par tête, en repoussant la survenue desrendements décroissants du capital. Cependant, rien ne permet de garantir la pérennité de cette croissance puisque le progrès technique «tombe du ciel» et qu’il n’est pas possible d’agir sur le taux de croissance de long terme (impact transitoire de la hausse du taux d’épargne ou de les variations de la croissance démographique)

B) La croissance semble cependant pouvoir nourrir la croissance de manièrepérenne

1) L’endogénéisation du progrès technique semble faire reculer le spectre des rendements décroissants ( reprendre ici les principaux arguments des «nouvelles théories de la croissance » : auto-entretien de la croissance par des feedbacks reposant sur des externalités positives liées à l’accumulation de différentes formes de capitaux (plus de rendements décroissants), non rareté des...
tracking img