La croissance et l'emploi

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1877 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 mars 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Sujet 16 :« La croissance est-elle une condition suffisante pour résorber le chômage ? »

Le nouveau millénaire nous gratifie d’une divine surprise. Le taux de chômage est repassé au-dessous de la barre des 9 %, et flirte avec les 8 % en 2001. Il faut remonter douze ans en arrière pour retrouver un tel niveau. De quoi réactiver les débats sur l’emploi et le chômage, et les espoirs d’unfléchissement significatif de celui-ci. Le retour de la croissance (à 3 %…) a suffi à retourner totalement les perceptions sur le problème. Les diagnostics sur la « fin du travail », qui dominaient la scène il y a encore peu de temps, ont été complètement éclipsés par un nouvel optimisme, enclin à pronostiquer tout au contraire la « fin du chômage » (cf. J. Boissonnat) à une brève échéance. D’où lequestionnement à nouveau sur la capacité de la croissance à réaliser le miracle. L’exemple américain d’une croissance forte de plein emploi, surfant sur la vague de la nouvelle économie stimulant les imaginations. Le corrigé qui suit s’efforce de rassembler les principales idées, et de rappeler les diverses définitions, dimensions et mécanismes du chômage. Le plan répond directement à la question, defaçon progressive, en trois parties.

Plan détaillé

I. Elle en constitue certainement une condition nécessaire

A. Logique de la relation croissance-emploi et chômage keynésien
1. Le volume d’emploi dépend fondamentalement du niveau d’activité. Dans la théorie keynésienne, l’emploi dépend directement de la croissance, qui dépend de l’intensité de la demande globale. Le chômage « keynésien »est toujours involontaire, et résulte seulement d’un ralentissement de l’activité. Cette définition conjoncturelle du chômage justifie la mise en œuvre de politiques économiques pour stimuler la croissance. Les modèles post-keynésiens (IS-LM…) mettent en scène des situations « d’équilibre de sous-emploi » dans lesquelles les politiques économiques interviennent pour stimuler l’activité et porter lacroissance à un niveau qui assure le plein emploi. On a estimé dans les années 1960-70 que les politiques macroéconomiques de relance étaient de nature à résorber un chômage dont les racines étaient perçues à l’époque comme étant d’ordre purement conjoncturel.
2. La loi d’Okun a formalisé la relation croissance-chômage. Le keynésien A. Okun montre au début des années 60 que le chômage augmentechaque fois que la croissance effective (ou le PIB effectif) tombe au-dessous de la croissance potentielle (ou du PIB potentiel). Le gap d’Okun correspond à l’écart entre les deux (la croissance potentielle est celle qu’il serait possible d’obtenir si les facteurs étaient pleinement employés). La loi d’Okun montre que, pour les Etats-Unis de l’époque, tout accroissement du gap de trois points entrele PIB effectif et le PIB potentiel entraîne une augmentation du taux de chômage de un point au-dessus de son niveau « naturel ». En gros, une croissance de 3 % fait reculer le taux de chômage de 1 point.

B. Historiquement, la corrélation entre la croissance et l’emploi se vérifie globalement, mais son intensité est variable
1. Durant les Trente Glorieuses en France, la croissance moyenne, del’ordre de 5 %, était associée à un taux de chômage inférieur à 2 %. Un chômage seulement frictionnel et assimilable au plein emploi. La relation croissance-emploi s’est dégradée ensuite. Dans les années 1980-90, une croissance moyenne de 2,5 % s’associe à un taux de chômage moyen d’environ 10 %. La sensibilité de l’emploi à la croissance est restée très forte aux Etats-Unis. Sur les vingtdernières années, il semble qu’une croissance de 2 % suffise à augmenter l’emploi d’un peu plus de 1 % (élasticité supérieure à 0,50), et à maintenir l’économie à un niveau proche du plein emploi.
2. Contredisant les pronostics sur « la fin du travail », la croissance est de nos jours redevenue plus riche en emplois dans tous les pays. La France a créé deux millions d’emplois entre 1996 et 2000,...
tracking img