La cute du mur de berlin

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  • Publié le : 15 août 2011
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La chute du mur de Berlin s'explique aussi par la faillite du système économique administré mis en place en URSS après 1917. Un système qui avait depuis longtemps montré ses limites.
La chute du mur de Berlin, voici vingt ans, a marqué la fin de la division de l'Europe et la chute des régimes dits socialistes, imposés par l'occupant soviétique aux pays d'Europe centrale et orientale à la fin dela Seconde Guerre mondiale. Elle s'est aussi traduite par l'abandon, y compris dans l'ex-Union soviétique, du système d'économie administrée, ou planifiée, mis en place à la suite de la révolution russe de 1917, qui se voulait une alternative à l'économie de marché.
Les militants qui luttèrent courageusement en URSS, et dans les "pays frères", pour mettre à bas les régimes communistes au nom dela démocratie, ont joué un rôle essentiel auquel il faut rendre hommage. Mais l'effondrement du communisme s'explique aussi par l'implosion du système sous le poids de ses propres contradictions. L'économie administrée a en effet d'abord été victime de son inefficacité, une inefficacité qui avait convaincu les dirigeants soviétiques, à commencer par Mikhaïl Gorbatchev, de la nécessité, sinond'abandonner, tout au moins de réformer le système en profondeur. Non seulement les pays communistes se révélaient incapables d'assurer à leurs populations des standards de consommation comparables à ceux offerts dans les pays capitalistes développés, mais l'URSS voyait se creuser son retard technologique par rapport aux Etats-Unis, en dépit des priorités accordées au complexe militaro-industriel parles autorités soviétiques.
Une sacrée bonne idée
C'était pourtant une sacrée bonne idée: organiser la production et la distribution des biens afin de tirer pleinement parti des ressources disponibles et de répondre du mieux possible aux besoins de tous. Car le capitalisme, comme l'avaient observé ses critiques socialistes au XIXe siècle, à commencer par Karl Marx, est loin d'assurer spontanémentun tel résultat: les biens produits ne sont accessibles qu'aux personnes disposant des moyens de les acheter. Les penseurs socialistes observaient qu'en dépit du potentiel productif de l'économie industrielle moderne, une part très importante de la population voyait ses besoins très mal satisfaits. Le capitalisme faisait cohabiter des magasins pleins à craquer de marchandises qui ne demandaientqu'à être vendues, et des consommateurs qui, pour une grande partie d'entre eux, n'avaient pas les moyens d'acquérir les biens proposés. Pire, en période de crise, une partie de la population s'enfonçait dans le chômage et la pauvreté, tandis que des entreprises qui auraient pu produire des biens et des services utiles à tous fermaient, faute de demande (1).
La planification, l'économie administrée,c'était donc d'abord, dans l'esprit de ses premiers promoteurs, le moyen de sortir de cette situation, en abolissant le marché et la propriété privée des entreprises, afin d'organiser autrement la production et la distribution des biens, afin d'assurer le plein-emploi des forces productives disponibles, à commencer par la main-d'oeuvre. L'idée centrale était donc de produire le maximum de biens etde services possibles sachant qu'il suffirait ensuite de les distribuer soit gratuitement, sur des critères définis administrativement, soit en échange de monnaie, mais sans que la rareté de celle-ci fasse que certains biens ne trouvent pas preneur (voir encadré).

Une économie de pénurie

L'économie planifiée a toujours été pensée comme un système où dominent les relations réelles. Lesautorités centrales allouent aux entreprises les ressources en équipements, en matières premières et en main-d'oeuvre de manière purement administrative, selon les priorités définies par le plan. Dans un tel système, la monnaie sert à assurer la répartition des biens de consommation et à permettre aux entreprises d'établir une comptabilité. Mais celle-ci n'a pas grand sens puisque les conditions de...
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