La distinction entre croire et savoir est-elle de nature ?

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  • Publié le : 4 mai 2011
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La distinction entre croire et savoir est-elle de nature ?

Il est bien sûr que tous les hommes ne sont pas égaux, pourtant, à lire la déclaration des droits de l’Homme nous voudrions bien le croire. Et en effet sans ramener ce point à la réalité nous n’avons aucune preuve du contraire et il nous est possible d’y croire. Cependant c’est pour moi difficile puisque je sais, j’ai vu, j’ai vérifiéle fait que certains hommes vivent dans une misère sans nom. Et j’en suis sûre parce que j’ai déjà vu des hommes, des femmes, des enfants même mendier dans la rue quelques centimes pour se nourrir. En me comparant à eux ou en leur comparant des gens que je croise dans la rue, je sais bien que nous ne sommes pas tous dans cette misère-là, et donc je sais que nous ne sommes pas tous égaux.

Donccroire revient à tenir pour vraie une chose que nous n’avons pas vérifié ou ramenée au regard de la réalité. Il semble alors que ce soit l’exact contraire de savoir, car tout savoir est sûr, avéré, jugé.

Dans le sujet outre l’opposition entre croire et savoir on retrouve une seconde opposition implicite cette fois. En effet par définition une différence de nature est opposée à une différence dedegré. Ainsi la réelle question est plutôt, la distinction entre croire et savoir est-elle de nature, sont-elles deux choses complètement différentes ? Ou de degré, sont-elles deux échelons de définition d’une chose plus globale ?

Cette question pose problème puisque dans leurs définitions ces deux choses sont deux opposés, et les rapprocher en leur imputant une différence de degrésserait paradoxal.

Pour tenter de répondre à ce problème nous verrons d’abord que d’une certaine manière la croyance peut relever du savoir, mais nous verrons aussi ensuite que le savoir ne peut lui en aucun cas relever de la croyance.

Bien souvent les personnes ne font pas de différences entre leurs croyances et leurs savoirs pour peu qu’ils en aient. En effet ce qu’ils pensent leur savoir sontdes choses qu’on leur a enseigné à l’école et qu’ils ont pris pour vérité. Mais premièrement on leur enseigne parfois des croyances, qui se retrouvent chez eux encore des croyances puisque, deuxièmement, en aucune manière ils ne remettent ces choses en cause. Ils ne vérifient pas l’exactitude des informations en les sortant du cadre de la classe et en les rapportant à la réalité. Pourtantlorsqu’ils sont interrogés sur ces croyances ils les présentent comme vérité et les défendent bec et ongles. Ils sont intimement persuadés qu’ils exposent une vérité. Et en effet la confusion est ici facile puisque les deux choses, croire comme savoir reposent d’abord sur une conviction personnelle. Pour le savoir, la conviction mène à une démonstration ou à une vérification, alors que pour la croyancecette conviction n’est pas poussée plus loin. Prenons l’exemple d’un homme qui est renseigné d’une certaine avancée scientifique sur un certain sujet. Si cet homme a confiance dans son interlocuteur il n’a aucune raison de ne pas prendre pour vrai ce qu’il lui dit et de remettre cette chose en cause. Il en est donc rapidement convaincu. Et de fait l’homme est dans notre société de moins en moinssollicité pour juger de la masse d’informations qu’il reçoit constamment, et il est de toute façon par nature, et par culture peu enclin à tout remettre en question cherchant juste une stabilité qui lui permet de ne pas trop s’intérroger.

Mais Nietzsche le dit assez justement, « La croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce qu’on croit ». C’est-à-dire qu’une croyance qui passeraitpour être vérité, qui serait assez forte pour s’y opposer et la supplanter, ne pourrait tout de même pas être considérée comme la vérité, car elle ne résisterai pas à un examen critique plus poussé, il y aurai toujours un moyen de lui rendre son statut de croyance. Donc bien qu’ils en soient persuadés, et bien qu’ils opposent à la vérité des arguments qui pourraient paraître solides à leur...
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