La duchesse de langeais chapitre 2

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  • Publié le : 2 mai 2010
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Antoinette de Langeais a, pour satisfaire son orgueil, séduit Armand de Montriveau, héroïque général de l'armée de Bonaparte. Elle est parvenue à se l'attacher en le rendant fou d'amour pour elle.Mais parce qu'elle veut « posséder sans être possédée », elle refuse de s'offrir à lui. Un soir, le général se rend chez elle, décidé à la faire céder à son désir.

- Si tu disais vrai hier, sois àmoi, ma chère Antoinette, s'écria-t-il, je veux ...
- D'abord, dit-elle en le repoussant avec force et calme, lorsqu'elle le vit
s'avancer, ne me compromettez pas. Ma femme de chambre pourrait vousentendre.
Respectez-moi, je vous prie. Votre familiarité est très bonne, le soir, dans mon boudoir
; mais ici, point. Puis, que signifie votre je veux ? Je veux ! Personne ne m'a dit encore ce mot.Il me semble très ridicule, parfaitement ridicule.
- Vous ne me céderiez rien sur ce point ? dit-il.
- Ah ! vous nommez un point, la libre disposition de nous-mêmes : un point très capital, eneffet ; et vous me permettrez d'être en ce point, tout à fait la maîtresse.
- Et si, me fiant en vos promesses, je l'exigeais ?
- Ah ! vous me prouveriez que j'aurais eu le plus grand tort de vous fairela plus légère promesse, je ne serais pas assez sotte pour la tenir, et je vous prierais de me laisser tranquille. Montriveau pâlit, voulut s'élancer ; la duchesse sonna, sa femme de chambre parut,et cette femme lui dit en souriant avec une grâce moqueuse :
- Ayez la bonté de revenir quand je serai visible. Armand de Montriveau sentit alors la dureté de cette femme froide et tranchante autantque l'acier, elle était écrasante de mépris. En un moment, elle avait brisé des liens qui n'étaient forts que pour son amant. La duchesse avait lu sur le front d'Armand les exigences secrètes de cettevisite, et avait jugé que l'instant était venu de faire sentir à ce soldat impérial que les duchesses pouvaient bien se prêtaient à l'amour, mais ne s'y donnaient pas, et que leur conquête était...
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