La dynamique de l’occident

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 20 (4965 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 23 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
La dynamique de l’Occident, Norbert Elias

Première Partie : La sociogenèse de l’Etat :
Introduction : De la seigneurie féodale au royaume.
Le rôle attribué à la couronne dépend de l’évolution sociale, mais certaines fonctions du roi ont toujours été les mêmes (ex : guerre). Au XIIe siècle le royaume franc d’Occident s’est désagrégé pour devenir une multitude de dominations indépendantes etles groupes féodaux deviennent des Etats quasi indépendants dont les rapports avec le roi sont réduits au minimum. La preuve de cela c’est que les princes féodaux cessent de s’appeler « comtes du roi ». Le roi tente de garder sa domination sur le duché de France (Louis VI) et ne devient rien d’autre qu’un seigneur féodal : la disparition de la fonction de chef de guerre et la féodalisation ontaffaibli sa position monopolistique. La maison des Capétiens avait en réalité de la difficulté à lutter contre les autres seigneuries en raison d’un manque latent de moyens militaires et économiques (manque d’intégration économique, manque moyens de transports …) Au fur et à mesure Louis VI a conquis d’autres seigneuries militaires, préparant la conquête de la position monopolistique perdue. Au débutsa puissance était à peine supérieure à celle des maisons féodales voisines, mais grâce à des mariages, achats et conquête militaires, l’ancienne maison royale s’assura une certaine supériorité.  Par conséquent le mécanisme qui aboutit à la mise en place d’une hégémonie est toujours le même et il est le même aujourd’hui pour certains secteurs économiques : accumuler des biens pour contrôler demanière monopolistique un secteur.

 Remarques sur quelques différences entre les évolutions en Angleterre, France et Allemagne :
Les problèmes posés par la lutte pour la suprématie n’étaient pas les mêmes. En effet l’empire germanique réagissait de manière différente étant donné que sa structure n’était pas la même : oppositions régionales plus vives, tendances locales plus fortes par -1- conséquent le mise en place d’une suprématie et d’une centralisation y étaient plus difficiles. Les dimensions de l’Empire étaient beaucoup plus vastes que celles du royaume de France à cette époque, par conséquent les tentatives des dynasties germaniques ont usé la plupart de leurs ressources financières, et par là leur puissance, consolidant les forces centrifuges. On rencontre dans l’histoiredes Etats européens une phase précoce pendant laquelle des unités territoriales peu importantes de l’Etat futur tiennent un rôle décisif : unités de domination (principauté de Galles, royaume d’Ecosse, duché de France…). Le processus d’unification se déroule alors sous la domination d’un seigneur féodal après compétition. Cette compétition passe par l’expansion territoriale, démographique, laconsolidation de la propriété terrienne et pousse les seigneurs les uns contre les autres pour la conquête du monopole. Ce mécanisme est pour Elias un processus social (général) qui tend à mener à un équilibre, à une unité sociale. Cependant cette compétition n’aboutit pas toujours à l’unité, mais peut mener également à la désintégration ; dans la lutte opposant les Habsbourg aux Hohenzollern, ladéfaite des Habsourg les a fait quitter l’Empire ce qui a aboutit au morcellement de l’Empire. Mais ici l’Empire était trop grand, disparate pour se prêter à la création d’un Etat. De plus l’évolution de l’Empire va dans le sens inverse que celle de la France et de l’Angleterre qui gagnent des territoires après s’être constituées sur un territoire réduit. Les institutions de seigneuries s’y sont peu àpeu transformées en institutions d’Etats.

Chapitre 1 : La loi du monopole :
La société moderne est caractérisée par un certain degré de monopolisation. Les moyens militaires sont réservés au pouvoir central, tout comme la levée des impôts. C’est grâce à ces impôts que l’Etat détient les moyens financiers nécessaires, permettant le maintien des monopoles militaire et policier. Si l’un...