La dynamique du capitalisme

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  • Publié le : 23 mars 2011
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Fernand Braudel, La dynamique du Capitalisme

Le développement du capitalisme est le sujet de nombreuses thèses d’économistes. Un historien de formation pourtant s’est également prêté au jeu d’expliquer la genèse de celui-ci. En effet, Fernand Braudel (1902 – 1985), éminent représentant de l’école des annales, conteste en partie la thèse de Max Weber qui voyait la montée de la Réforme au 16èmesiècle comme l’élément déclencheur du capitalisme. Même s’il concède que le développement de la Réforme à surement accéléré le processus du capitalisme, il considère que le capitalisme émerge bien avant. D’après Braudel, les bases du capitalisme naissent d’abord en Méditerranée au 14ème siècle puis se propagent en Orient puis en Italie pour gagner le nord de l’Europe aux 17ème et 18ème siècles.Braudel, dans cet extrait de « La dynamique du capitalisme » nous explique qu’il s’agit d’une construction historique et culturelle. Cet extrait est un regard sur les acteurs politiques et historiques du capitalisme. Quelle est la thèse de Braudel ? Quelles sont les modalités du modèle de Fernand Braudel ? C’est ce que nous tenterons d’expliquer en examinant d’abord la distinction qu’il opère entredeux économies de marché puis en étudiant les différents acteurs du capitalisme.
I/ Distinction entre deux économies de marché
a) L’économie A : Un marché régulier

L’économie A telle que la décrit Braudel dans ce texte est celle que l’on connaît au Moyen Age. Il s’agit d’une économie régulière dont les échanges, qui se font a faible ou à moyenne distance, sont transparents, habituels etprévisibles et dont les profits sont par conséquents stables mais peu élevés. Braudel prend ainsi l’exemple du bourg, où producteurs et clients se rencontrent. Cette économie ne connait pas ou quasiment pas d’intermédiaires donc le jeu de la libre concurrence est respecté. On y pratique d’ailleurs, le « juste prix », un prix qui dépend de la juste valeur du travail fournit pour obtenir le produit etqui permet à l’ensemble de la société de vivre, répondant à ses besoins mais aussi à ses possibilités d’achat. Ce marché semble bel et bien encastré dans la société puisque d’une certaine façon celle-ci commande les prix. D’où la notion de transparence. D’ailleurs Braudel parle de « public market » (marché public) lorsqu’il évoque ce type d’économie. Ce marché n’est pas synonyme de profit jusqu'àl’apparition du marchand dont nous étudierons le rôle plus bas. Son rôle va faire tendre l’économie A vers l’économie B d’après Braudel.

b) L’Economie B et l’émergence de nouveaux acteurs

Le marché transparent du Moyen Age cède peu à peu sa place à un autre type de marché que Braudel appelle l’économie B. Ce « private market », que Braudel oppose au « public market » se caractérise parla disparition progressive de la concurrence grâce à l’émergence des marchands au 14ème siècle. Ceux-ci sont désormais des intermédiaires entre le producteur et l’acheteur. Ce sont les acteurs majeurs de l’économie B selon Braudel car ils créent la rareté, la pénurie, grâce à des techniques comme le stockage. Ils achètent, stockent et revendent au prix fort d’où la possibilité de profit. Cettepratique que l’on connaît bien est au départ considérée comme illégale, irrationnelle d’après Braudel. Elle tend cependant à se rationaliser grâce aux acteurs politiques qui, devant l’efficacité des marchands à ravitailler les villes, sont moins regardants car une ville bien ravitaillée est synonyme de stabilité politique à l’époque. D’après Braudel, il n’est pas rare que certains achètent même àterme, c'est-à-dire avant même que le produit ou la denrée ne soit constituée ce qui a pour effet de faire disparaître la concurrence et de créer une situation de monopole. D’autant que les marchands s’efforcent de faire de ce marché un marché privé, en créant une bulle monopoliste autour de leur savoir faire. Cela tend à monétariser l’économie. Les bases du capitalisme sont jetées d’autant que...
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