La fin de capitalisme ?

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  • Publié le : 19 avril 2009
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La crise financière sonne-t-elle le glas du néolibéralisme ou celui de la société de consommation ?
samedi 1er novembre 2008, par François Saint Pierre
1- La crise racontée à la télé.
Le discours dominant sur la crise actuelle est globalement assez simple. Depuis les années 80, sous l’impulsion de Thatcher et Reagan, le courant néolibéral s’est imposé dans le monde occidental. La finance s’estpeu à peu découplée de l’économie réelle et l’État providence a laissé de plus en plus de place à la régulation de l’économie par le marché. La baisse des prix de l’immobilier aux EU a mis en difficulté les banques qui avaient pris des garanties hypothécaires sur la valeur des biens (la fameuse crise des subprimes). La titrisation des risques, plutôt que de fonctionner comme un système derépartition qui aurait permis d’éponger les coups durs, a entrainé par l’échange sans contrôle de "titres toxiques" la contamination de tout le secteur bancaire mondial. La confiance interbancaire ayant été perdue le crédit s’est raréfié, ce qui a conduit automatiquement au ralentissement de l’économie réelle. Conscient de la gravité de la situation, tous les chefs d’États, pour sauver les intérêts desparticuliers et pour faire fonctionner les entreprises, se sont déclarés prêts à mettre des milliards d’euros pour apporter une caution au système bancaire. Après un ou deux ans de récession, le temps de mettre en place quelques nouvelles règles financières et de faire quelques efforts de moralisation, comme la suppression des parachutes dorés en cas de faillite des entreprises, le système reprendrasa course vers la croissance... La droite libérale, au nom de la responsabilité, met l’accent sur la moralisation du système, la gauche social-démocrate insiste sur la nécessité de revenir à une économie régulée comme au temps où les idées de Keynes étaient appliquées. C’est cette version qui semble assez unanimement acceptée que je me propose d’analyser.
2- Quelques précautions linguistiquesLa bataille des idées se fait avec des mots. Le principe est de donner une coloration négative aux mots qui caractérisent l’adversaire. Le sens des mots utilisés en économie est à géométrie variable et dépends beaucoup de celui qui les utilise. Quelques mots sont particulièrement ambigus comme le libéralisme, l’économie de marché ou le capitalisme. Nous sommes tous partisans d’une certaine dose deliberté dans la société, tous convaincus que certaines activités peuvent être mises dans un secteur encadré mais concurrentiel. De même une grande majorité de citoyen pense que la loi de l’offre et la demande fait partie des indispensables éléments de régulation de l’économie. Le capitalisme, affublé parfois d’adjectifs très négatifs, peut aussi être vu comme la capacité des hommes, sans passerpar la puissance publique, à se structurer et à investir collectivement pour produire des biens qui ne pourraient pas l’être de manière artisanale. Si pendant longtemps le préteur était voué en tant qu’usurier à l’enfer, le développement du microcrédit a permis au bangladais Muhammad Yunus d’obtenir le prix Nobel de la Paix et l’accès au crédit est maintenant considéré comme un droit important.L’économie de marché a fini par être un concept consensuel qui n’a plus aucun sens économique. On ne sait ce qu’il recouvre : personne en effet ne précise les champs respectifs de l’économie publique, de l’économie sociale et de l’économie concurrentielle, ni le niveau de régulation et de justice sociale que cela implique. Ce qui a caractérisé ces dernières années les néolibéraux ou les ultralibérauxc’est la volonté de réduire le rôle de l’État, à qui ils ne concèdent qu’une responsabilité sur la sécurité. Pour eux l’économie soumise à la loi de l’offre et de la demande est capable de s’auto réguler grâce à la "main invisible" du marché et cette concurrence généralisée est le moyen le plus efficace de produire de la croissance et donc d’améliorer globalement le niveau de vie de tous. C’est...
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