La fontaine et rousseau

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  • Publié le : 10 avril 2011
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Le Loup et le Chien, La Fontaine
Le Lion et le Moucheron, La Fontaine
Emile ou De l’éducation, Jean-Jacques Rousseau

Les trois textes présentent tous certaines similitudes mais sont aussi différents les uns des autres.
Le principal point commun des trois textes est qu’on rencontre dans chacun d’eux La Fontaine. En effet les deux premiers textes sont des fables qu’il a signées. Une fable,dit le dit le dictionnaire *, est une histoire imaginaire généralement en vers dont le but est d’illustrer une morale. Héritée de l’Antiquité, la fable a souvent pour héros des animaux, chargés alors de représenter les hommes. L’origine de ce genre littéraire est Esope, au Moyen Age, de nombreux recueils de fables, appelés isopets, sont constitués.
Or c’est bien cela le problème, les deux fablesdonnées dans le corpus ne sont pas des plus simples à comprendre, et il n’est pas chose aisée d’en tirer une morale. En effet, dans le premier la loyauté est vantée par ses mérites, mais la décision finale et donc forcément la « bonne » et qui revient au loup est de préférer la liberté, la nature, même si elle ne lui offre pas toujours la certitude d’avoir un repas chaque soir et de ne pas souffrirdu froid. Mais doit-on suivre son exemple et refuser de sacrifier sa fierté pour des bassesses comme un plaisir physique, nourriture et chaleur ? C’est ce que la fable semble dire, la morale qu’elle semble transmettre comme une règle fixée et à suivre, et pourtant c’est le contraire de ce que la société apprend dès le plus jeune âge.
La seconde fable n’est pas moins confuse : on s’attend à laclassique histoire du fort qui se doit de tenir le plus faible en haute estime, mais apparemment les mésaventures de ce genre des Lions peuvent être réduites à celles avec les rats, puisque ce thème a déjà été traité par le fabuliste avec une morale exemplaire du rat qui rend au roi de la forêt sa clémence en le sauvant plus tard. Dans cette fable-ci, le Lion est désagréable avec son plus petitprochain et le moustique ne manque pas de lui en tenir rancune : « L’autre lui déclara la guerre » l.4. Car le faible moustique a du panache, s’en vente (« un bœuf est plus puissant que toi, je le mène à ma fantaisie » l.8), et décide de faire justice à sa manière en se vengeant et en torturant le Lion. Il gagne d’ailleurs son combat, pauvre petit roi minuscule qui terrasse un géant, il ne lui manqueplus que le temps d’aller crier et coudre à sa ceinture, oui, sept d’un coup ! – mais c’est ce qui lui fait défaut, le temps, car le moucheron finit par rencontrer « sa fin dans l’embuscade d’une araignée ». Ainsi donc la morale n’est plus d’être bon avec plus petit que soi mais valorise les coups lâches et de dos qui tuent plus surement celui que l’on n’égale pas en force et qu’on ne battraitpas en combat loyal. On apprend aussi que la victoire et que la justice ne sont qu’illusions puisqu’aux « grand périls » on se soustrait parfois pour « périr à la moindre affaire » ensuite.
C’est la thèse que soutient Rousseau. Dans le troisième texte du corpus il l’argumente et cite les néfastes conséquences de la lecture de ces fables sur des enfants. Mais pourquoi choisir des enfants ? Parcequ’ils ne sont encore corrompus par aucune autre force, ils n’en ont pas eu le temps, parce qu’ils sont la pureté même et qu’ils ne sauraient émettre un avis qu’avec un cœur encore vierge de toute méchanceté, Rousseau leur donne donc ce privilège suprême : juger, puisqu’ils ne peuvent que juger avec la justice la plus inébranlable, celle qui ne connait pas de l’affaire ni les accusés ni les coupables.Il se sert donc de cette « vérité qui sort de la bouche des enfants » pour dire que nos papes en sortent souvent aussi, que les plus jolies comptines sensées apprendre la morale aux générations à venir viennent d’un homme comme les autres, peuvent donc être erronées faire côtoyer la saleté la plus crade à la pureté la plus blanche, c’est une critique comme une autre, mais l’extrait du...
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