La fontaine: la fille

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  • Publié le : 27 mars 2011
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Recueils poétiques de Jean de La Fontaine (1621-1695), Les Fables choisies mises en vers furent publiées à Paris de 1668 à 1693. La fable intitulée « La fille » est extraite du Livre VII, dans lequel elle figure en quatrième position (variable selon les éditions). Dédié à Mme de Montespan, ce livre figurant dans le second recueil des Fables semble nettement infléchir le ton: l’inspiration sediversifie, et les enjeux se complexifient. “La Fille”, met en scène une précieuse épousant à la fin de sa vie un malotru, et vise, peut-être, la Grande Mademoiselle qui a retardé son mariage jusqu’à 43 ans. Il s’agit de la seconde partie de cette fable “jumelle” : “Le Héron”. La moralité commune à ces deux versions, l’une animale, l’autre humaine, termine la première fable et sert de prologue à laseconde. Cette pièce a probablement été inspirée du poète latin Martial (V, 17.) ; il connaissait sans doute aussi le texte de Conrart. Il s’agira de voir en quoi cette fable est une satire de la préciosité. Dans une première partie nous verrons la structure du texte ; dans une seconde partie, nous verrons une critique de la préciosité ; enfin, dans une troisième partie, l’esthétique de la fable.I Structure du texte
A/ L’introduction :
lignes 1/4 : l’introduction de la fable pose le sujet. Le but de la fille est clairement explicité dans les deux premiers vers : elle cherche un mari. Les deux vers suivants offrent au lecteur une description de ce mari : « Jeune, bien fait, et beau, d'agréable manière, / Point froid et point jaloux ». La Fontaine emploie ensuite une formule rhétorique,directement adressée au lecteur (« notez ces deux points-ci ») qui forme le passage entre l’introduction proprement dite (qui n’est pas encore l’exemplum de la fable) et le corps de la fable.
lignes 5/8 : les quatre lignes suivantes offrent la même structure (parallélisme : Dans une phrase, il y a parallélisme de construction lorsqu'une construction identique est répétée plusieurs fois). Ce querecherche la fille est à nouveau explicité, en précisant de nouvelles motivations. La formule finale est encore une fois une formule rhétorique qui s’adresse au lecteur : nous n’avons pas encore entamé le récit.

B/ Développement de la fable
les bons partis : nous pénétrons ici le corps même de la fable, suivant une logique dégressive. D’abord viennent les « bons partis » : le terme « destin »employé par le fabuliste prépare la morale finale : les souhaits de la Fille ont été comblé et elle devrait choisir un mari parmi ces premiers prétendants. Le passé simple employé dans le verbe « vint » est également une marque du passage au récit.
les médiocres gens : une phrase de transition assure le passage entre les « bons partis » et les « médiocres gens » : « Après les bons partis lesmédiocres gens » : la formulation adverbiale « après » souligne la structure chronologique de cette fable, qui nous renvoie au terme « destin » : nous sommes ici dans l’évocation d’une déchéance de laquelle nous voyons les étapes successives.
la déchéance : un saut temporel boucle cette déchéance : « L’âge la fit déchoir ». Un certain temps (impossible à déterminer) s’écoule entre les « médiocres gens» et cette déchéance. Nous comprenons que la Fille ne trouvera plus de mari. Le développement de la fable suit donc une logique tout à fait cohérente.

C/ La morale
la ruine finale : les « ruines du visage » de la Fille sont comparées aux ruines d’une maison : elle perd tout caractère féminin, et tout caractère humain, pour devenir une chose parmi d’autres. Elle s’est délabrée : on notera tousles aspects du vieillissement évoqués par La Fontaine qui se plaît à souligner cet état de délabrement qui caractérise à présent la Fille.
le malotru : le dernier mot de la fable présente avec concision le retournement de la fable et permet de passer des ambitions idéales à un réalisme ironique. En effet, le « malotru » apparaît comme l’antithèse au portrait de l’honnête homme dressé dans...
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