La fortune des rougon

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  • Publié le : 13 décembre 2009
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« À ce moment il sentit sur sa tempe le froid du pistolet […] la fin »

Séance 9 : La mort de Silvère et le triomphe des Rougon.

Présentation du passage :
Le roman s’achève comme il avait commencé sur le personnage de Silvère et le lieu, l’aire Saint-Mittre. L’ancien cimetière où on prit racine les Rougon-Macquart.
L’intrigue arrive à son terme, pendant la semaine du 7 au 14décembre 1851, le bonapartiste triomphe. Pierre Rougon est devenu le maître de Plassans tandis que les Insurgés républicains ont été massacrés dont Silvère, exécuté par le gendarme Rengade qu’il avait éborgné.

Caractérisation :
L’épilogue est marqué par une image de la dualité qui a gouverné durant toute l’intrigue. Elle imbrique l’exécution du jeune Silvère : le héros révolté qui meurt enmartyre (archétype du héros, modèle) et le triomphe festif.
Zola théâtralise cette double représentation pour mieux mettre en évidence la dualité. Ainsi, le romancier invite le lecteur à réfléchir sur la valeur morale du triomphe des Rougon en même temps qu’il prépare le destin des personnages de la saga à venir.

Quelle est la portée symbolique de cet épilogue ?

I. Un épilogue duel :Zola, par le biais d’une juxtaposition saisissante, construction en diptyque, révèle la dualité qui fonde le roman. Le triomphe des Rougon repose sur un crime.

1. L’exécution sordide de Silvère :

A) Une exécution sommaire :
L’exécution se fait sans aucune cérémonie. « Puis le borgne tira et se fut tout » brièveté de la phrase.
La désignation « le borgne »rappelle que Silvère est abattu par un simple désir de vengeance et « au loin […] sur la pierre tombale […] se caillait »
De plus, l’endroit est rejeté par l’accumulation des compléments circonstanciels de la dernière phrase fait ressortir la barbarie de l’assassinat et son caractère sordide.

B) Le réalisme terrifiant du récit : « le froid du pistolet »
Son exécution occupe uncourt paragraphe de 9 lignes. Or, le contraste de la préparation (9 pages)/ (9 lignes) l’exécution. Il y a un contraste entre une mise en scène du crime (8 pages) et de l’exécution (9 lignes).

Ce qui fait le réalisme : il tient dans la décomposition des différentes étapes. 1) mise en place du pistolet. 2) le tir. 3) l’explosion du crâne. 4) l’affaissement (il tombe) de Silvère. L’horreurproduit par cette décomposition est accentuée par la juxtaposition : temps du passé simple, emploi brutal « sentit », « tira », « éclata », « retomba ».

Enfin, la précision de certains détails extrêment réalistes contribue à signifier l’horreur « le froid du pistolet », l’appel aux sens « comme une grenade mûre » et surtout l’image finale du « sang qui se caille ». Ces images violenteséveillent les sens du lecteur.
← Si les Rougon triomphent c’est parce que Silvère, le républicain meurt.
La structure du passage souligne entre les deux événements : la mort de Silvère encadre le triomphe des Rougon.

2. Le triomphe tapageur des Rougon.

A) Un triomphe par opposition :

Par opposition de l’exécution silencieuse de Silvère, le récit du dîner desRougon résonne de joie. Tout le passage est rythmé par des notations qui décrivent la grande allégresse croissante.
Cette joie se manifeste par des rires qui « montaient dans la buée de la table ».
L’emploi du pluriel et de l’image de l’ascension soulignent la permanence et la profusion des rires.
La joie se lit, ensuite, quand le verre est porté à l’honneur de l’Empereur. Puis, dansles épanchements « ce fut un beau spectacle […] pleurait, s’embrassait ».
La joie redouble quand Sicardot décore Rougon «  tout le salon jaune éclata en applaudissement » => le passé simple indique une montée en puissance de l’explosion de joie.

Le salon jaune atteint son apothéose « triomphait, délirait » => gradation hyperbolique.

← Le triomphe des Rougon n’est pas...
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