La france , de la crise à la révolution

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2587 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 15 février 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
La France, de la crise à la Révolution
 
Il faut éviter une lecture déterministe de la période des années 1780, la Révolution n’est pas inéluctable, tout est encore possible, d’autant plus que la monarchie est assez libérale car Louis XVI est libéral, il apparaît éclairé, il se montre sensible aux idées de son temps, des Lumières, sensible à l’idée de tolérance, d’humanité.
La volonté deréforme n’a pas la même force dans tous les domaines, elle est parfois assez peu affirmée, il y a une volonté de réforme dans le domaine administratif, la nation n’a pas un droit de regard suffisant, l’administration est trop concentrée. Au niveau judiciaire, il y a aussi des problèmes, les Parlements apparaissent comme une force d’opposition, et refusent d’appliquer les décisions du roi. Le problèmefinancier est très important, la monarchie est en déficit, la France vit une période de crise sociale, car la société d’ordres parait ne plus correspondre aux réalités sociales du moment, il y a un décalage entre la société théorique et la société réelle. La Révolution de 1789 se déroule à l’issu d’une crise économique majeure. Les idées de liberté se retrouvent en France, mais aussi en Angleterre,aux Etats-Unis d’Amérique, etc ..., cela permet de comprendre la Révolution française dans un cadre plus large.
I- L’impossible réforme administrative et judiciaire
La monarchie est consciente du problème de concentration administrative et de l’opposition parlementaire, elle tente de les résoudre mais n’y parvient pas.
A) Du Pont de Nemours et le mémoire sur les municipalités
En 1775, LouisXVI est au pouvoir depuis un an, Turgot est contrôleur général des finances, c’est un ami des philosophes et des physiocrates, il est favorable à un certain libéralisme économique, ce libéralisme se retrouve au niveau administratif. Du Pont de Nemours publie en 1775 un " Mémoire sur les municipalités ", il part d’une constatation, en France, il n’y a pas vraiment d’unite, d’esprit national, il n’y apas " d’esprit public ". Le lien unique entre les Français est la personne du roi. Ils sont divisés car séparés en ordre, car chacun vit dans sa province, provinces qui sont toutes privilégiées, ils n’ont pas d’intérêts communs. L’objectif de Du Pont est de donner aux Français, un intérêt commun, d’en faire une nation au sens politique du terme. Il propose une réforme de l’éducation, il n’y avaitpas d’équivalent du ministère de l’Education Nationale, il tente de promouvoir un Conseil de l’instruction nationale qui doit diriger l’ensemble des structures éducatives, harmoniser quelque peu les programmes. Il propose aussi de créer toute une hiérarchie de municipalités, c’est-à-dire, d’assemblées en grande partie consultative, qui seraient uniformes sur l’ensemble du territoire. Il voyaitquatre degrés : à la base, municipalité de ville et de village regroupant essentiellement les propriétaires , puis les municipalités d’arrondissement (ou de district, ou d’élection), puis les municipalités provinciales, enfin une municipalité générale du royaume. Ce projet était novateur par sa cohérence, il cherche à créer des mêmes unités dans tout le royaume, dans ses assemblées, ce sont lespropriétaires qui sont représentées et non les ordres. Ce projet s’inscrit dans l’esprit du temps. En mai 1776, Turgot est renvoyé, c’est un tournant dans la politique de Louis XVI, le projet est rangé dans les bibliothèques et perd toutes chances d’être appliqué.
B) Des projets aux réalisations
-1- Le projet de Necker
Necker est un protestant genevois, il devient en octobre 1776, directeur généraldu trésor, puis en juin 1777, il est nommé directeur général des finances (ce qui équivaut au titre de contrôleur général des finances, mais étant étranger, il ne pouvait porter ce titre). A ce titre, il propose au roi en 1778, un " Mémoire au roi sur la création des assemblées provinciales ". Il proposait la création d’assemblées provinciales partout où il n’y avait pas d’Etats provinciaux....
tracking img