La fresque familiale d'akhenaton

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  • Publié le : 13 avril 2011
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Akhénaton (ou Amenhotep IV de son premier nom) est un pharaon légendaire, qui par son comportement hérétique face à la religion d’Amon, renouvela les croyances égyptiennes profondément établies. On retrouve d’ailleurs des éléments de son règne si particulier dans la stèle familiale d’Akhénaton, analysée ci-dessous.

Créé en 1340 avant J.C., durant la XVIIIe dynastie, ce monument encalcaire d’une hauteur de 32,5 cm constituait probablement un autel à l’empire d’Akhénaton et à sa descendance1. Après un déplacement de la capitale de Thèbes vers une nouvelle cité nommée Akhet-Aton, signifiant «l’endroit où Aton s’élève», la construction du royaume naissant imposa l’élaboration de stèles creusées sur les rochers des falaises2. Le jaillissement d’Aton comme divinité majeure ajoutad’autant plus un motif primordial à la construction de ces fresques, ciselées par une équipe d’artisans. Le chef sculpteur, Bek, s’inspirait librement de ce qu’il voyait pour réaliser les œuvres de façon réaliste3. Le bût étant de représenter Akhénaton dans son élément naturel, le roi désirant être reproduit de la façon la plus authentique que possible.

Les premières découvertes de la citéd’Amarna (ancien Akhet-Aton) commencèrent en 1824, aux commandes de John Gardner Wilkinson, un chercheur copiste qui redessinait les scènes retrouvées dans les tombeaux4.

Pour sa part, la stèle familiale d’Akhénaton comporte divers éléments propres à l’époque arménienne et à son style artistique bizarroïde, mettant en doute la réalité physique de ce qu’était ce pharaon distingué. Akhénaton y esten face à face avec Néfertiti, accompagné de leurs trois filles ainées. De plus, les disques solaires d’Aton rejoignent la famille royale.

1 «Egyptian museum and Papyrus Collection Berlin» http://www.egyptian-museum-berlin.com/c52.php (6 mars 2011)
2 Immanuel Velikovsky, Oedipus and Akhnaton, États-Unis, 1960, p.73
3 Cyril Aldred, Akhenaten, Allemagne, 1968, p. 67
4 Id., Akhenaton,roi d’Égypte, Royaume-Uni, 1988, p.31
Le style artistique dans les représentations d’Akhénaton a d’abord laissé croire aux chercheurs qu’il s’agissait d’une reine par son allure d’androgène, semblable à celui de Néfertiti à ses côtés. «Le coup allongé, les mêmes hanches larges, les mêmes seins gonflés et les mêmes cuisses grasses que Néfertiti5. » En parallèle, une autre hypothèse suggèrequ’il s’agit de la représentation physique particulière aux déformations anormales du pharaon. D’ailleurs, en 1907, Elliot Smith relit ces attraits à ceux du syndrome de Fröhlich qui développe chez les malades une pathologie commune à celle du roi6. L’historien Daniel-Rops a proposé que ce changement se concentrait plutôt à renvoyer l’image de réforme, qui, à l’instar de la nouvelle religion, devait sefaire drastique. Changer le style artistique contribuait à se détacher du clergé d’Amon7.

La scène domestique représentée sur la relique, d’une prospérité fascinante, est digne du point de vue artistique du pharaon. Effectivement, ce dernier prêchait qu’il fallait mettre l’emphase sur la vérité du moment, d’où les nombreuses représentations familiales faites en leur égard8. Sur la stèleétudiée, le pharaon hérétique y embrasse sa fille Meritaton. Maketaton repose sur les genoux de sa mère, Néfertiti, tandis que Ankhesenpaaton s’amuse avec sa boucle d’oreille. Quant au mobilier, la reine est assise sur un tabouret orné du symbole de l’unification de l’Égypte9. On y retrouve également des jarres à vins, possiblement pour attribuer un air plus festif à la scène.

Lacontribution d’Aton au plein centre de la stèle (désigné par un soleil aux multiples rayons) est sans aucun doute propice à la bonne prospérité domestique. En effet, la réforme religieuse effectuée par Akhénaton, plaçant Aton comme dieu principal, était une nécessité pour le règne du pharaon10. Ce dernier étant son alter-égo terrestre, il est naturel de retrouver

5-6 Cyril Aldred,...
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