La fuite du temps

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  • Publié le : 15 mai 2011
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Préface



Contenu
Les Antiquités de Rome, Joachim du Bellay 1
« Je disais l’autre jour », Poésies, Pierre de Marbeuf 2
« Les adieux », François-René de Chateaubriand 3
« Le lac », Alphonse de Lamartine 4
« L’automne », Méditations Poétiques, Alphonse de Lamartine 6
« Tristesse d’Olympio », Les Rayons et les Ombres, Victor Hugo7
« Paroles sur la dune », Victor Hugo 11
« Le ballet des heures », Nerval 13
« L’ennemi », Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire 14
« L’horloge », Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire 15
« Salut à Versailles », La Cité des eaux, Henri de Régnier 16
« Chanson d’Automne », Paul Verlaine 18
« Le pont Mirabeau », Guillaume Apollinaire 19
« Automne malade et adoré », Alcools,Guillaume Apollinaire 20
« Je crains pas ça tellment… », L’instant fatal, Raymond Queneau 21

Les Antiquités de Rome, Joachim du Bellay
Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome
Et rien de Rome en Rome n’aperçois,
Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois,
Et ces vieux murs, c’est ce que Rome on nomme.

Vois quel orgueil, quelle ruine et comme
Celle qui mit le monde sous ses lois,
Pourdompter tout, se dompta quelquefois,
Et devint proie au temps, qui tout consomme.

Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tibre seul, qui vers la mer s’enfuit,

Reste de Rome. Ô mondaine inconstance !
Ce qui est ferme est par le temps détruit,
Et ce qui fuit au temps fait résistance.

« Je disais l’autre jour », Poésies, Pierre de Marbeuf
Je disais l'autrejour ma peine et ma tristesse
Sur le bord sablonneux d'un ruisseau dont le cours
Murmurant s'accordait au langoureux discours
Que je faisais assis proche de ma maîtresse.

L'occasion lui fit trouver une finesse :
Silvandre, me dit-elle, objet de mes amours,
Afin de t'assurer que j'aimerai toujours,
Ma main dessus cette eau t'en signe la promesse.

Je crus tout aussitôt que ces divinsserments,
Commençant mon bonheur, finiraient mes tourments,
Et qu'enfin je serais le plus heureux des hommes.

Mais, ô pauvre innocent, de quoi faisais-je cas ?
Étant dessus le sable elle écrivait sur l'onde,
Afin que ses serments ne l'obligeassent pas.

« Les adieux », François-René de Chateaubriand
Le temps m'appelle : il faut finir ces vers.
A ce penser défaillit mon courage.
Jevous salue, ô vallons que je perds !
Ecoutez-moi : c'est mon dernier hommage.
Loin, loin d'ici, sur la terre égaré,
Je vais traîner une importune vie ;
Mais quelque part que j'habite ignoré,
Ne craignez point qu'un ami vous oublie.
Oui, j'aimerai ce rivage enchanteur,
Ces monts déserts qui remplissaient mon cœur
Et de silence et de mélancolie ;
Surtout ces bois chers à ma rêverie,
Où jevoyais, de buisson en buisson,
Voler sans bruit un couple solitaire,
Dont j'entendais, sous l'orme héréditaire,
Seul, attendri, la dernière chanson.
Simples oiseaux, retiendrez-vous la mienne ?
Parmi ces bois, ah ! qu'il vous en souvienne.
En te quittant je chante tes attraits,
Bord adoré ! De ton maître fidèle
Si les talents égalaient les regrets,
Ces derniers vers n'auraient point demodèle.
Mais aux pinceaux de la nature épris,
La gloire échappe et n'en est point le prix.
Ma muse est simple, et rougissante et nue ;
Je dois mourir ainsi que l'humble fleur
Qui passe à l'ombre, et seulement connue
De ces ruisseaux qui faisaient son bonheur.

« Le lac », Alphonse de Lamartine
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Nepourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses...
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