La gestion des langues

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  • Publié le : 23 juin 2010
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La gestion des langues
Si l’on considère, aujourd’hui, le nombre de langues en usage, au niveau de la surface du globe (plus de 3000), l’on comprend que le plurilinguisme est la situation la plus répandue sur l’ensemble des Etats. Le monolinguisme serait alors une exception.
Les situations de bi- ou plurilinguisme ne sont pas simplement des sujets d’étude poursociolinguistes : elles sont aussi des réalités vécues, reconnues ou non, encouragées ou combattues par les Etats concernés.
L’intérêt d’une science ne se mesure pas seulement à son pouvoir explicatif, mais aussi à son utilité, à son efficacité sociale, c'est-à-dire, à ses possibles applications. Les applications de la sociolinguistique sont certes nombreuses (on a vu quelques exemples), mais le domainedans lequel elles sont le plus élaborées, concerne l’intervention sur les langues et sur les relations entre les langues. S’il est un domaine où la sociolinguistique qu’on appelle parfois « sociolinguistique appliquée », a acquis une importante légitimité sociale, c’est bien celui des applications linguistique qu’on désigne souvent sous différentes appellations: J.Fishman parle de codification.Au Québec, les sociolinguistes font usage pour le même terme d’aménagement Linguistique ». En Espagne, on préfère le terme de «normalisation linguistique.»
Les politiques linguistiques ne sont pas, seulement, l’apanage des Etats. D’autres structures y participent. On parle de politique linguistique familiale par exemple. Nous avons de nombreux exemples, un peu partout dans le monde,d’hommes et de femmes qui se mobilisent pour défendre une langue menacée ou encore pour promouvoir le plurilinguisme. Leurs actions peuvent s’appuyer sur les instances officielles (de l’Etat, des régions…) ou carrément dénoncer et parfois affronter la passivité ou l’action de ces mêmes instances officielles. Nous citerons comme exemples : la Galicie en Espagne, la Carinthie en Autriche, la Kabylie enAlgérie.
La diversité de traitement, la gestion officielle des coexistences de deux ou plusieurs langues, au sein du même espace sociétal, correspond, en fait, à la diversité des configurations sociolinguistiques et à des histoires (en particulier, politiques) ayant conduit à ces configurations.
L’expression « politique linguistique », appliquée à l’action d’un Etat, désigne leschoix, les orientations, les objectifs qui sont ceux de cet Etat en matière de gestion de sa pluralité linguistique (et/ou de sa seule langue officielle), parfois inscrits dans la constitution même, parfois suscités par une situation intra- ou intercommunautaire préoccupant en matière linguistique (on pense à l’Espagne au lendemain du Franquisme et à l’Algérie après les événements de Kabylie,qu’on est convenu d’appeler «printemps berbère».)
Pour qu’une politique linguistique (comme toute politique : économique, éducative, sanitaire,…) ne s’arrête pas au stade des déclarations, il faut qu’elle mette en place tout un dispositif et un ensemble de dispositions pour la mise en œuvre de cette politique. L.J. CALVET établit, à ce sujet, une distinction entre politique linguistique etplanification linguistique « Nous appelons politique linguistique un ensemble de choix conscients concernant les rapports entre langue(s) et vie sociale et planification linguistique la mise en pratique concrète d’une politique linguistique, le passage à l’acte en quelque sorte.» L.J. Calvet, 1993, p : 111)
S’il est vrai que n’importe quel groupe peut élaborer sa politique linguistique,dans un domaine aussi important que les rapports entre langue(s) et société, seul l’état a le pouvoir et les moyens de passer au stade de la planification, de mettre en pratique ses choix politiques.
Il y a deux types de gestion du plurilinguisme :
- Le premier, que CALVET appelle «gestion in vivo», concerne la façon dont les gens, confrontés quotidiennement à des problèmes de...
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