La guerre froide

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  • Publié le : 27 décembre 2010
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Une reconstruction économique[modifier]

Un nouvel ordre monétaire et financier mondial est créé autour du dollar américain pour éviter l’instabilité économique qui existait pendant l’entre-deux-guerres et relancer les échanges internationaux. Instituée le 22 juillet 1944 par les accords de Bretton Woods, à l’issue d’une conférence qui réunit 44 pays, cette nouvelle organisation de l’économiemondiale fut négociée en fait entre la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Les accords établissent un Fonds monétaire international (FMI), ainsi qu’une Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée communément « Banque mondiale ». Le FMI et la BIRD ont notamment pour mission d’assurer la stabilité des devises nationales et d’accorder des prêts à lareconstruction et au développement.

Par ailleurs, les accords instituaient un système de parités fixes par rapport au dollar US, seule monnaie entièrement convertible en or. Comme les États-Unis avaient une réserve d’or avoisinant les trois quarts des réserves mondiales, le dollar US s’imposa forcément comme monnaie de réserve internationale, au même titre que l’or. En effet, pour financer la guerre,les puissances européennes avaient dû vendre leurs stocks d’or aux États-Unis. Ainsi, le nouveau système monétaire ne reposait plus uniquement sur le métal fin détenu par les banques centrales, mais sur le dollar US, as good as gold, dont la valeur était garantie par la Réserve fédérale des États-Unis, de même que par la formidable puissance économique des États-Unis.

En juin 1947, dans undiscours prononcé à l’université Harvard, le secrétaire d'État George Marshall offrit à l’Europe « une aide fraternelle » afin de vaincre « la faim, le désespoir et le chaos » qui régnaient. Le plan Marshall ou « plan de Reconstruction européenne » ((en) European Recovery Program) était proposé à toute l’Europe, y compris aux pays de l’Est, et même à l’Union soviétique. Il était toutefois assorti dedeux conditions : d'une part, l’aide américaine serait gérée par des institutions européennes communes, et d'autre part, le gouvernement fédéral américain aurait un droit de regard sur sa répartition. Staline hésita, puis, fin juin, fit part de son refus. La Pologne et la Tchécoslovaquie, qui, dans un premier temps, avaient donné une réponse favorable à la proposition américaine, se virentobligées de la refuser à leur tour.

Finalement, seize pays, rejoints en 1949 par l'Allemagne de l'Ouest (RFA), acceptèrent le plan Marshall : la France et le Royaume-Uni - qui en seront les principaux bénéficiaires - l’Autriche, le Benelux, la Grèce, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, les pays scandinaves, le Portugal, la Suisse et la Turquie. En avril 1948, ces seize pays fondèrent l'Organisationeuropéenne de coopération économique (OECE), qui deviendra plus tard (en 1960) l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), organisme supranational dont la fonction première était de gérer et de répartir l’aide américaine entre les pays membres.

De 1948 à 1952, plus de treize milliards de dollars US - 5/6 sous forme de dons, 1/6 sous forme de prêts - furent fournis par lesÉtats-Unis. Cette aide à la reconstruction se composait d’une partie financière (subventions et prêts) et d’une partie en produits et équipements divers (denrées alimentaires, tracteurs, outils de production, etc.).

Dans un espace économique « dollarisé » par les accords de Bretton Woods, le plan Marshall fut conçu pour combler le « dollar gap », permettant ainsi aux Européens d’acheter auxÉtats-Unis approvisionnements et équipements tout en assurant un débouché aux produits américains. En effet, en 1946, 42 % des exportations américaines ayant pris le chemin de l’Europe occidentale, un effondrement économique de l’Europe se serait répercuté sur l’économie américaine elle-même. Le secrétaire adjoint à l’économie, Will Clayton, l’exprimait ouvertement : « Disons, sans tourner autour du...
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