La guerre

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  • Publié le : 20 mars 2011
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Depuis quelques années, répondant à une importante demande de la part du public, on assiste en France à un renouveau des publications des carnets de guerre et des souvenirs d’anciens combattants de la Grande Guerre. Parallèlement, Ceux de 14 de Maurice Genevoix et Orages d’acier de Ernst Jünger sont devenus, aujourd’hui, presque des » classiques ». Nicolas Beaupré nous offre, dans sonlivre Écrire en guerre, écrire la guerre, un regard nouveau sur le sujet notamment en comparant la France et l’Allemagne. Il décortique et étudie l’écriture en guerre et l’écriture de la guerre entre 1914 et 1920. La combinaison de l’écriture et de l’expérience guerrière n’est pas nouvelle : qui ne connaît pas les cahiers du capitaine Coignet ? Pourtant, la Première Guerre mondiale introduit, comme dans biendes domaines, la nouveauté. En mettant en exergue les écrivains combattants dans les sociétés en guerre, Nicolas Beaupré démontre que l’engagement des écrivains dans la guerre aboutit à de nouvelles pratiques : témoigner tout en gardant les outils propres aux écrivains. Pour quelles représentations ? La violence et les souffrances dans les littératures combattantes permettent-elles de « justifierl’effroyable » ? De fait, Nicolas Beaupré démontre que la guerre a bouleversé la pratique des milieux littéraires et les contributions des gens de lettres. Ce phénomène des écrivains combattants (écrivains devenus combattants, combattants devenus écrivains et écrivains de l’arrière) est similaire de part et d’autre du Rhin jusqu’en 1920. La fin de la guerre conduit à la démobilisation de cettelittérature guerrière. Le temps des écrivains combattants cède la place aux écrivains survivants. Nicolas Beaupré, dans son ouvrage remarquable, évoque alors les transformations de l’écriture de la guerre. Celle-ci se différencie nettement, dès 1920, en France et en Allemagne. Elle suit le destin de chacun des deux pays alors que l’auteur évoque l’évolution du genre, qui de témoignage, devient roman.THEME : DIRE LA GUERRE !

Avec le premier meurtre de l'histoire de l'humanité, celui de Caïn sur Abel, la thématique de la guerre (du conflit, de l'affrontement et du combat) est entré dans notre histoire, dans celle de l'homme. D'un siècle à l'autre, la guerre fait son lit dans les récits comme dans un espace du globe, lorsqu'elle n'embrase pas tout l'univers comme ce fut le cas avec les deuxgrands brasiers de 1914 et de 1944. 
A leur manière, les écrivains se sont donné pour devoir face à la guerre et aux génocides : tout sauf le silence. Georges Perec aura cette belle expression dans une de ses oeuvres, il parlera de l'Histoire avec sa grande hache (ou ‘H') qui a pourfendu sa vie… 
Dès lors, nous comprenons que souvent impliqués dans la guerre, les écrivains refusent d'en resterindifférents. Ce faisant, ils introduisent dans les récits qu'ils publient sur cette problématique des enjeux divers que ce numéro de revue se charge de souligner ou de rappeler, des travaux ayant été consacrés à ce thème. 

Liée à la problématique de la guerre, la revue va aborder une triple réflexion à savoir : 
- d'ordre générique : les textes consacrés à la guerre s'inscrivent presquetoujours et manifestement dans le genre polémique, le pamphlet, et mettent en oeuvre une stratégie de persuasion qui fait passer de l'écriture de la guerre à une littérature de combat. Nous pensons à André Malraux par exemple, Mongo Beti, Amadou Kourouma etc… Ici entre en jeu les notions de genre, de configuration idéologique ou de littérature critique qui reprennent en écho les grandes crises politiquesou sociales et mettent en exergue les considérations formelles et une sociocritique de l'idéologie. Dans cette croisade contre les haines déchaînées, l'auteur engage une paradoxale apologie de la violence qui allie les paroles visionnaires (genre prophétique) à la scatologie ou autres formes de violence verbale, rageuse pour dire la morgue et le mal de vivre. C'est un appel à l'entrée en...
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