La justice n'est elle que l'expression de rapports de force

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  • Publié le : 16 avril 2010
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La justice n'est-elle que l'expression de rapports de force?

Exemple d'introduction:

« La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Par cette phrase, La Fontaine nous rappelle, certes ironiquement, que le plus fort est souvent celui face à qui l'on finit par céder. Pourtant, la force peut-elle réellement établir une forme de justice? La justice, en effet, suppose de régulerles rapports entre individus afin, notamment, d'éviter les conflits, d'assurer une forme de paix et d'équité, au moins à l'intérieur d'une communauté. Le force, au contraire, ne se veut pas égalitaire: elle ne crée pas d'équilibre, mais agit comme une contrainte. Quand elle s'applique, elle ne nous laisse aucun choix. Les règles de justice, de l'ordre de l'obligation, nous laissent toujours libresd'agir en conscience, quitte à en subir les conséquences. Pourtant, nous voyons bien que la justice s'accompagne toujours de sanctions, c'est-à-dire d'un usage de la force visant à limiter les écarts par rapport à ce qui a été considéré comme juste. La force semble nécessaire à l'application de la justice. Si l'usage pur et simple de la force ne semble pas donner de droits à quiconque, nous voyonsbien, dans les faits, que la justice, pour être efficace, doit le plus souvent pouvoir s'appuyer sur la force. Qu'est-ce qui nous garantit que la justice ne soit pas alors une sorte de rapport de forces déguisé? Pouvons-nous concevoir une justice qui ne s'appuie pas sur la force? Nous aborderons ces questions au travers de trois perspectives. Tout d'abord, nous nous demanderons si, par nature,l'opposition entre justice et force n'est pas inévitable. Puis nous nous interrogerons sur la portée réelle de cette écart entre force et justice. Cela nous conduira finalement à nous interroger sur la nécessité de la force dans l'établissement de la justice.

Proposition de plan:

I) En quoi la justice et la force sont-ils par nature distincts?

1. Si on m'agresse et qu'on me prend par laforce mes possessions, mon agresseur aura appliqué une contrainte sur moi. Il ne s'agit dans cet exemple que de céder à une puissance naturelle plus importante. La contingence de ma liberté est niée: je ne peux que constater que la force, quand elle s'applique, s'applique nécessairement. Il ne peut en être autrement; sinon, il ne s'agit que de dire qu'elle ne s'est pas appliquée. Face à la justice,au contraire, j'ai encore le choix. Tandis que la justice règle la conscience de mes actes, et peut être reliée à ma liberté, la force agit comme une cause déterminante sur mes actes.

2. C'est pourquoi Rousseau, dans le Contrat Social, suggère que l'idée même d'un « droit du plus fort » est contradictoire. Force et justice sont de nature différente: la première s'applique telle une contrainte àce que nous faisons, la seconde suppose notre liberté, et notre capacité à comparer des raisons. Nous cédons face à la force, ou nous lui appliquons une force opposée. Mais nous choisissons de suivre la justice (ou le droit qui en est l'expression), peut-être par crainte de la sanction, certes, mais nous avions toujours le choix. Autrement dit, la force ne peut créer l'obéissance qui caractérisenotre rapport à la justice.

3. Ainsi, la force apparaît comme ce qui, par nature, ce distingue de la justice. Quand la force peut s'appliquer sans limitations, il n'y a pas de droit, seulement des puissances qui s'affrontent. Le droit apparaît pour remplacer la force, et c'est alors seulement qu'on peut parler de justice. C'est ce que montre Hobbes dans le Léviathan: ce qui caractérise lepassage de l'état de nature, qui est un état de guerre, à l'état civil, dans lequel les rapports humains sont régis par des lois, c'est le fait que, par « contrat », par convention, les hommes renoncent à l'usage de la force pour mieux préserver leur liberté (garantie par la sécurité).

II) La justice peut-elle se passer de la force?

1. La justice n'est pas la force, donc, mais la justice ne...
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