La libre circulation des opinions à notre époque de communication

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  • Publié le : 20 mars 2011
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Discussion :
Dans notre époque de communication et de mass-média, est-il toujours souhaitable de permettre la libre circulation de toutes les opinions ? Vous pèserez le pour et le contre de cette question dans un plan construit à partir d’arguments et d’exemples tirés de vos lectures et de votre expérience du monde contemporain.

Ainsi, l'article 11 de la Déclaration française des droits del'homme et du citoyen de 1789 dispose : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » La liberté d’expression s’est améliorée grâce aux nouvelles technologies mises à notre disposition depuis la RévolutionFrançaise, reste à savoir si leur finalité rejoint toujours le même, à savoir l’ouverture à l’autre et s’il n’y existe pas de risques à la volonté absolue de la transparence ?
Depuis le XVIIIème siècle, ou le « Siècle des Lumières », on assiste à une reconnaissance de l’individu et de ses droits en matière d’expression et de liberté. Ce qui entraîne une évolution de la parole qui était utiliséedans un but d’exister, de soutien, d’aide, de solidarité, d’entraide, de mouvement vers le progrès économique et social. Le citoyen avait peu de poids sous le contrôle du pouvoir monarchique, sauf en se regroupant autour d’une parole unifiée, sur la place publique, pour faire part de leurs doléances en matière de droit ouvrier et agricole. La parole, symbole de l’être, n’était accessible qu’auxorateurs tels que les représentants politiques, lors de discours réservés en dehors du peuple. Alors que les intellectuels, dès l’émergence d’un courant philosophique venu d’outre-Atlantique, la revendiquent par écrit et sous contrôle littéraire, pour libérer l’individu d’un asservissement collectif. Avec la Révolution industrielle du XIXe siècle, on est passé du tambour du garde-champêtre, quiinformait la population, au télégraphe et téléphone en 1794, par Claude Chappe ingénieur, qui a permis à l’homme sa modernisation et son individualisation. Il est moins dépendant dans sa relation à l’autre. Les informations qu’il transmet dans le cadre de sa vie privée, sont sous son propre contrôle. De nos jours et ce depuis une trentaine d’années le téléphone « filaire » a évolué en faisant placeà de nouvelles technologies telles que internet, environ 50% des Français en sont équipés et représentent de nouveaux vecteurs de communication collectifs. Derrière un écran chez soi, ou chez des amis, dans un cybercafé il est possible d’échanger avec le monde entier sur tous les sujets de société, de santé, d’idéologies, scientifiques... On peut considérer « naviguer » dans un espace neutre, voireune « bulle protectrice » qui permet aux internautes de bénéficier d’une certaine protection vis-à-vis des échanges transparents engagés avec autrui. Cette façon de communiquer de tout et de rien sur soi, sa vie intime, sa vie professionnelle, ses goûts, ses besoins, ses désirs, ses appartenances, (re)confirmeraient une certaine appartenance, une existence, à se faire reconnaître, sedifférencier de la masse. Le but est de créer, entretenir, rester en lien, tout en se protégeant de l’envahissement de l’autre. Des relations à la fois de proximité quand on dialogue avec sa voisine de quartier, quittée à peine depuis une heure et utiles pour gommer des frontières quand on échange avec un ami résidant à Los Angeles. La plupart d’entre nous qui y sont inscrits permettent de contribuer à lamutation sociétale. On a l’illusion d’être en perpétuel symbiose avec « l’autre » tout en gardant une frontière virtuelle, symbolique. Pour une grande majorité d’adolescents qui adhèrent aux jeux en ligne où seule la « manette »de la console s’exprime, ce « dialogue » symbolise une appartenance socioculturelle, communautaire être en communion avec ses pairs tout en se protégeant de la vie...