La loi du plus fort

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  • Publié le : 23 avril 2011
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Erreur courante : Le libéralisme, c'est la loi du plus fort

L’un des reproches les plus fréquents adressés au libéralisme, et en matière économique à la concurrence, est de « consacrer la loi du plus fort » et d’« accroître les inégalités ». Il s'agit d'une incompréhension fondamentale de ce que signifient pour le libéralisme les notions de liberté et d'égalité (voir ces termes).
En matièreéconomique

La loi du plus fort ne doit pas être confondue avec la loi du meilleur. Celui qui remporte la compétition a quelque mérite, et notamment dans le domaine économique car les parts de marché se conquièrent par une plus grande satisfaction du client, par un meilleur service de la communauté. Que l'intérêt personnel soit l’aiguillon de la performance n’est pas contestable. Mais l’intérêtpersonnel guide toutes nos actions, et il ne peut jamais ignorer l’existence et les intérêts des autres. Le libéralisme ne conduit pas à la loi du plus fort, mais, au contraire, au respect et à la promotion du plus méritant, c’est-à-dire de celui dont les efforts bénéficieront à tous[1].
En matière politique et juridique

Le libéralisme, qui se définit avant tout par le respect du droit, est lamarque de sociétés évoluées, ne serait-ce que parce qu'il exige la responsabilité de chacun. Au contraire les sociétés planifiées sont proches de l'état primitif, puisqu'une autorité centrale doit dicter à chacun son comportement, se substituant aux libres choix individuels. Le libéralisme est tout le contraire de l'anomie, puisqu'il repose sur des procédures hautement sociales et élaborées, commele marché, qui excluent les relations reposant sur la force. Ainsi, Ludwig von Mises d'écrire[2] :

«Le libéralisme économique ne se bat pas en faveur des intérêts de ceux qui sont riches aujourd'hui. Au contraire, ce que le libéralisme économique veut, c'est laisser les mains libres à quiconque possède l'ingéniosité pour supplanter le riche d'aujourd'hui en offrant aux consommateurs desproduits de meilleure qualité et moins chers. Sa principale préoccupation est d'éliminer tous les obstacles à l'amélioration future du bien-être matériel de l'humanité ou, dit autrement, à la suppression de la pauvreté. »
— Ludwig von Mises, Liberté économique et interventionnisme

La politique, en revanche, est toujours l'expression de la loi du plus fort. Ceux qui accusent le libéralismed'être la "loi du plus fort" sont les mêmes qui réclament davantage d'état et de règlementations, donc de coercition exercée par le détenteur de la souveraineté, sans même avoir conscience de la contradiction dans laquelle ils se mettent.

En situation d'anomie, c'est toujours la loi du plus fort qui prévaut. C'est ce qui se passe au plan de la politique internationale entre états (luttesd'influences, mesures de rétorsion, guerres, etc.).

Pour les libertariens, il y a deux extrêmes à éviter : l'anomie, qui est la loi du plus fort décentralisée, et l'étatisme, qui est la loi du plus fort centralisée.
L'État comme expression de la loi du plus fort, hier et aujourd'hui

L'histoire humaine a illustré, et illustre encore aujourd'hui, l'omniprésence et l'universalité de la loi du plusfort, depuis l'esclavage jusqu'à l'État moderne, en passant par la féodalité, la monarchie absolue, les despotismes orientaux, toutes les dictatures « révolutionnaires » et les totalitarismes du XXe siècle (nazisme, communisme).

Les libertariens poussent jusqu'au bout la démarche libérale de refus de la loi du plus fort en opposant le droit naturel inaliénable de l'individu à la coercitionétatique. Ainsi que le précise Murray Rothbard :

«En réalité, l'État est cette organisation qui, dans l'ordre social, essaie de maintenir un monopole de l'usage de la force et de la violence sur un territoire donné ; en particulier, c'est la seule organisation dans la société qui tire sa richesse non pas de contributions ou de paiements volontaires versés en contrepartie de services fournis,...
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