La loi est-elle condition de la liberté ? (john locke)

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  • Publié le : 4 novembre 2009
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Eléments d’introduction et de problématisation du texte
On a l’habitude de penser notre rapport aux lois comme de contrainte : parce que reçues comme des commandements, nous nous soumettons à elles pour, d’abord, éviter le châtiment, et par là nous les comprenons comme ce qui va à l’encontre de nos désirs ou de notre sentiment le plus naïf de libre-arbitre. Il semble évident que nous ne pouvonsfaire ce que nous voulons face à la rigueur de la loi ; et si elles nous obligent à les respecter, par leurs cortèges de sanctions, est-ce contre nos intérêts, voire pour nous déposséder de notre libre volonté ? Y a-t-il du sens à s’obliger à respecter la loi ? Ou est-ce nous interdire l’exercice de notre liberté propre ? La loi peut-elle être, de manière légitime, condition de ma liberté ?

Laréponse de Locke, sa thèse, est nette : la loi ne limite en rien la liberté d’un sujet ; elle la rend possible et l’accomplit. Pour établir cela, l’auteur va défaire d’abord l’opposition apparente entre la loi et l’intérêt individuel : la loi n’est pas une contrainte. Elle vise le bien général de ceux qui la prennent pour guide. Elle serait inutile si elle s’opposait à notre bien (du début dutexte jusqu’à « mérite mal le nom de contrainte. »). En conséquence de quoi, l’auteur nous invite à penser que la loi est la condition de la liberté (de « de sorte que… » jusqu’à « lorsqu’il n’y a point de loi »). Elle nous libère de l’arbitraire d’autrui, des jeux de force et de domination entre lui et moi. Sans loi, on serait reconduit à l’asservissement et à la violence. Il reste à bien comprendrece qui est ici désigné sous ce mot de liberté. Dans cet ultime moment, l’auteur va défendre l’idée que la liberté nous appartient d’autant plus qu’elle est protégée par ce que la loi nous permet. Contre une conception naïve qui consiste à faire du mot « liberté » l’expression de l’arbitraire et du caprice, l’auteur va défendre l’idée que ma liberté n’a d’autre étendue que celle de ma propriété etde ma responsabilité ; bref, de ce que je peux, dans le cadre de la loi, revendiquer comme issu de ma propre volonté.
Les passages obligés

a) La première partie du propos consiste à montrer que la loi n’est pas une contrainte mais est utile à l’intérêt individuel car elle définit un bien général qui encadre la logique des intérêts individuels. Elle nous empêche de nous fourvoyer dans des butsfuneste pour notre liberté. En effet, l’image que l’auteur emploie a valeur d’analogie. La loi guide au même titre qu’une carte nous permettrait de définir le chemin le plus sûr pour atteindre notre destination.
Nous sentons tous des désirs et des appétits qui dessinent autant d’intérêts. Mais ces velléités ne nous indiquent ni la bonne marche à suivre, ni les bons moyens de réaliser nos désirs.Celles-ci semblent nous éparpiller. La loi peut nous aider à nous y reconnaître car elle définit le bien général. Autrement dit, elle n’impose pas un bien individuel mais dessine les cadres d’un intérêt général qui pourrait guider les intérêts individuels. Ainsi, bien loin de restreindre l’individu, de lui interdire de disposer de lui-même, la loi cherche à maximiser les possibilités les plussûres pour réaliser au mieux nos propres intérêts. Elle ne nous prédispose pas à emprunter le chemin. Elle se limite à en dessiner le cadre. Elle nous laisse disposer de notre décision à aller dans le sens de ce bien général, ou non. Ce rôle de guide, de « boussole » nous permet de nous assurer d’une voie droite qui ne nous ferait pas dévier de notre but : notre bonheur privé. La loi, parce qued’intérêt collectif ou publique, dessine le cadre de réalisation de notre bonheur privé d’agent libre. Elle nous oblige à réfléchir à nos moyens d’action pour en acquérir la jouissance. Elle ne nous contraint pas. Elle laisse à disposition le plus sûr chemin.

b) La liberté, pour l’auteur, ne s’entend pas comme un exercice spontané de la volonté. Il ne s’agit pas d’en rester à l’idée de faire ce que...
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