La maion dieu

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  • Publié le : 2 avril 2011
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lA MAISON-dieu, Dominique Iogna-Prat
Première partie : Préludes
Chapitre 1 : Fondements d’une sacralité chrétienne (v. 300-v. 800)
Deuxième partie : Constructions ecclésiales carolingiennes (800 – 1040)
Chapitre 2 : La construction biographique du souverain carolingien
Chapitre 3 : L’espace de la papauté
Chapitre 4 : L’évêque, ses livres et ses lieux
Chapitre 5 : L’église contenant del’Église
La dédicace est soit le liminaire soit le cœur du pontifical : c’est un rite épiscopal mettant en scène le consécrateur et le consacré, qui institue une dépendance entre contenu (Église) et contenant (église)
I Donner corps au divin, consacrer la présence de Dieu
À l’origine, la communauté chrétienne est pensée comme l’appartenance des fidèles au corps du Christ, d’où une conceptionorganique. Au IXe siècle, on se met à parler du « corps de l’église » pour désigner la partie ou se tiennent les fidèles : on passe du corps spirituel au corps matériel, par la consécration du lieu.
1 Les mots de la consécration
Il y a des termes divers qui sont distincts à l’origine : bénir, consacrer, dédier, sanctifier…
Bénir, c’est d’abord bien parler (benedicere), puis demander la prospérité (cf.Genèse, I, 22), enfin, placer ce qu’on bénit dans le champ du divin.
Consacrer, à l’origine, c’est ôter une personne ou un objet du profane pour le mettre dans le champ du divin (cum+sacer). L’application s’élargit ensuite à Dieu, à une consécration de soi dans le martyre ou le sacrifice, enfin à un sens absolu, dans la liturgie.
Dès les Romains, on distingue mal consacrer et dédier (dedicare),soit retirer du profane. Isidore de Séville considère les mots comme des doublons. D’où les mêmes évolutions, en particulier la dédicace de soi-même à Dieu.
Le terme de sanctification (de sanctificare, faire saint) intègre très tôt le vocabulaire de l’offrande et de l’auto-dédition. Le terme de sanctus et ses dérivés couvre tout le champ de l’Eucharistie (et la prédication), et les lieux affectésau divin ont des noms de cette famille parce qu’ils sont sanctifiés par la présence des personnes saintes et par leur ministère.
Bref, les termes sont divers, mais tendent à se confondre ; les personnes viennent toujours avant les lieux, parce que ce sont elles qui consacrent ; l’usage du terme dans un sens liturgique est un passage important qui élargit les applications par des métonymies et enpermet un usage absolu (en particulier pour l’Eucharistie) ; le champ lexical et l’usage de ces termes s’élargissent, dans le moment où l’Église veut intégrer la société entière.
2 L’ordo de consécration
L’ordo ad benedicandam ecclesiam du Pontifical romano-germanique est élaboré dans les années 840 à partir de couches plus anciennes, du VIIIe siècle et du début du IXe siècle, qui sont des ritesbrefs et ponctuels, sur des objets ou des lieux précis : on passe à un ordo de grande ampleur qui souligne que le lieu de culte est un ensemble.
a) Temps et lieux du rituel
C’est une mise en scène en quatre étapes, qui en appelle à la fois à la vue, à l’ouïe et à l’odorat. D’abord, sous une tente où sont les reliques, un exorcisme et la bénédiction de l’eau et du sel, puis trois tours del’édifice qu’on asperge. Ensuite l’évêque entre avec trois officiants, inscrit sur le sol les alphabets grecs et latins, exorcise, bénit et mélange eau, sel et cendres, bénit et asperge les murs intérieurs, l’autel et le centre, prépare le mortier, encense et oint l’autel, puis bénit l’édifice entier et les différents objets. Puis il sort chercher le cortège avec les reliques qui fait le tour del’église, et fait un prêche qui rappelle les saints honorés dans l’édifice. Enfin, évêque et clercs placent les reliques derrière un rideau, l’évêque oint les quatre coins de la confessio, y place les reliques avec trois fragments d’hostie et trois grains d’encens, puis la scelle, et des diacres revêtent l’autel. Suit la messe.
On constate que les deux premiers circuits sont l’affaire des seuls...
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