La metier et la vocation de savant

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  • Publié le : 7 décembre 2010
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! La problématique
Quelques dates pour commencer… 1881 – Loi Ferry sur la gratuité de l’école primaire ; 1882 – Scolarité obligatoire jusqu’à 13 ans ; 1930 – Gratuité des études dans le secondaire ; 1936 – l’obligation scolaire est portée de 13 à 14 ans ; 1947 – Plan langevin-Wallon (voir plus loin) ; 1959 – Prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans ; 1981 – Création des ZEP ; 1985– Création des Baccalauréats professionnels ; 1989 - L’objectif de 80% d’une classe d’âge au niveau du bac est inscrit dans la loi d’orientation. Une citation pour continuer… « Avec l’inégalité d’éducation, je vous défie d’avoir jamais l’égalité des droits, non l’égalité théorique, mais l’égalité réelle ». Jules Ferry. On voit ici la place centrale que le député Jules Ferry attribue dans lemodèle d’intégration républicain : assurer à tous l’accès à l’instruction élémentaire. Mais l’égalité dont il s’agit ici n’est que formelle. En effet, l’école républicaine est profondément divisée entre d’un côté un cursus primaire réservé de fait au peuple et de l’autre la filière noble du lycée qui scolarise les enfants de la bourgeoisie. L’école apparaît donc comme un instrument de justice sociale etde modernité. L’école n’est-elle pas une des rares institutions à permettre aux boursiers de véritables promotions sociales comme en témoigne la trajectoire idéale sur trois générations d’un petit-fils de paysan devenu Président de la République (G. Pompidou) ? N‘est-ce à elle que l’on doit d’avoir fait rentrer la France rurale dans la modernité ? Ce mouvement de démocratisation de l’école sepoursuit tant sur le plan institutionnel (voir l’encadré plus haut) qu’au niveau statistique : pour ne citer qu’un seul chiffre, retenons celui des bacheliers : 28 000 en 1946… 56 000 en 1960… l’ouverture de l’école au plus grand nombre est indéniable mais ce serait sans compter sur la mise en place en 1947 du plan Langevin-Wallon qui modifie la mission confiée à l’école. Il ne s’agit plus seulementde réaliser l’intégration civile et culturelle de la nation mais de promouvoir une véritable égalité des chances dans la réussite scolaire et dans les possibilités de promotion sociale qu’elle ouvre. Or, de ce point de vue, un long chemin reste à parcourir si l’on observe les statistiques. En effet, les tables de mobilité sociale montrent que la mobilité sociale est loin d’être parfaite, qu’il ya, au contraire, une certaine reproduction sociale : « tel père, tel fils ». Comment expliquer cette faible mobilité sociale ? Il faut d’abord noter que dans nos sociétés, l’accès à la profession et au statut social dépend fortement, bien que non exclusivement, du niveau de diplôme. Or, on constate un lien étroit entre réussite scolaire / poursuite d’études et l’origine sociale. Une enquête quiporte sur une cohorte d’élèves suivie entre 1962 et 1972 révèle qu’un enfant de cadre a 5,7 fois plus de chances de rentrer à l’université qu’un fils d’ouvrier ou d’agriculteur. Ainsi, le taux d’accès à la terminale, la probabilité de poursuivre des études supérieures, sont différentes selon la CSP du père. Par conséquent, l’inégalité des chances à l’école semble être un frein à la mobilité sociale,ce qui ne peut laisser insensible une société démocratique. Les sociologues (dont Pierre Bourdieu) que l’on regroupe sous l’étiquette de conflictualistes vont s’emparer des ces statistiques et démontrer que l’école est un lieu de reproduction sociale. Dès 1973, sous l’impulsion de Raymond Boudon, va être formulée une critique à l’analyse des conflictualistes ; elle insiste plus sur lesconséquences de la massification qui ferait perdre à l’école son importance sociale.

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! Les auteurs : Pierre Bourdieu et Raymond Boudon
A) Pierre Bourdieu (né en 1930) BIOGRAPHIE : titulaire d'une agrégation de philosophie, ses premiers travaux ont été des travaux d'ethnologie (notamment sur l'Algérie). Il devient, en 1964, directeur d'étude à l'École des hautes études de Sciences sociales et...
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